Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a entamé mardi une visite stratégique à Washington, marquée par des entretiens de haut niveau avec le conseiller américain à la sécurité nationale, Mike Waltz, consolidant ainsi l’axe Rabat-Washington à un moment diplomatique clé.
Au cours de cette tournée diplomatique marquant les premières rencontres en face à face du ministre marocain des Affaires étrangères avec de hauts responsables américains depuis le retour de Trump au pouvoir en janvier, les discussions ont porté sur le renforcement du partenariat stratégique multidimensionnel entre le Maroc et les États-Unis, ainsi que sur les grandes questions régionales d’intérêt commun. Cette rencontre intervient quelques heures avant un second rendez-vous de poids : une réunion prévue avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, prévue plus tard dans la journée.
Il s’agit du premier déplacement officiel de Nasser Bourita aux États-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, en janvier dernier. Cette initiative diplomatique intervient à la veille d’une échéance sensible : les discussions du Conseil de sécurité des Nations unies sur le dossier du Sahara, attendues le 14 avril.
Ce déplacement s’inscrit dans la continuité d’un échange téléphonique entre Bourita et Rubio en date du 27 janvier. À cette occasion, les deux responsables avaient réaffirmé « l’importance du partenariat stratégique entre les deux nations au service de la paix et de la sécurité régionales et internationales ».
La position américaine sur le Sahara semble se consolider sous l’administration actuelle. Dès son audition de confirmation en janvier, Marco Rubio avait salué les « avancées substantielles au nord, au Maroc, grâce aux Accords », et souligné que « de réelles opportunités de progrès » s’offraient à l’Afrique de l’Ouest, notamment en matière de lutte contre le terrorisme et de développement économique.
Lors de la même audition devant le Sénat, Rubio a réitéré la reconnaissance par Washington de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, réaffirmant ainsi la déclaration historique faite en 2020 par le président Trump. Une position que la CIA a confirmée en janvier dernier, en mettant à jour sa carte officielle pour inclure le Sahara comme faisant partie intégrante du territoire marocain. L’agence indique explicitement sur son site web : « En 2020, les États-Unis ont reconnu la souveraineté du Maroc sur l’ensemble du Sahara. »
Sur le plan bilatéral, les relations entre Rabat et Washington s’inscrivent dans une dynamique de consolidation. La Chambre des représentants américaine a adopté la résolution 251, saluant 250 ans de relations diplomatiques ininterrompues avec le Maroc, à célébrer en 2027. Le royaume chérifien fut en effet le premier pays à reconnaître l’indépendance des États-Unis, dès 1777.
Cette alliance historique se décline aujourd’hui dans une coopération économique, sécuritaire et militaire étroite. L’accord de libre-échange signé entre les deux pays a porté le volume des échanges commerciaux de 1,34 milliard de dollars en 2006 à 5,44 milliards en 2018. En 2024, le Maroc s’est hissé au rang de 46e marché d’exportation des États-Unis, demeurant le seul pays africain à disposer d’un tel accord avec Washington.
Sur le plan militaire, la coopération se matérialise à travers les manœuvres conjointes African Lion, organisées chaque année depuis 2007. Ce socle de coopération en matière de défense est complété par des efforts conjoints dans la lutte contre le terrorisme, la non-prolifération nucléaire et le démantèlement des réseaux de trafic d’armes.
Les deux pays s’appuient sur cette alliance renforcée pour promouvoir une architecture de sécurité régionale et soutenir des initiatives de paix à l’échelle mondiale, sous le leadership du roi Mohammed VI.
MK/Sf/ac/APA







