Agressions, vandalisme, sentiment d’impunité : l’insécurité dans les espaces publics tunisiens suscite une inquiétude croissante, au moment où la société appelle à un renforcement de l’ordre public et à une réponse judiciaire plus ferme.
La multiplication des faits divers liés à des agressions physiques, des actes de vandalisme ou des atteintes aux biens dans les grandes villes tunisiennes commence à susciter une inquiétude grandissante dans l’opinion publique. Alors que les autorités restent discrètes, plusieurs enquêtes de terrain et témoignages citoyens confirment une détérioration de la sécurité urbaine, particulièrement dans les transports publics, les zones commerçantes et certains quartiers périphériques.
Selon les données du ministère de l’Intérieur, les atteintes aux personnes ont augmenté de 17 % en 2024 par rapport à l’année précédente, avec une forte concentration dans les gouvernorats de Tunis, Sfax, Ben Arous et Kairouan. Les agressions avec armes blanches, les vols à l’arrachée, les dégradations volontaires et les agressions contre les femmes en milieu urbain sont parmi les faits les plus fréquents.
Cette situation nourrit un climat d’insécurité latent, amplifié par les réseaux sociaux, où circulent régulièrement des vidéos de violences en pleine rue. De plus en plus de citoyens appellent à une révision du code pénal, à un déploiement accru des forces de l’ordre, et à une meilleure surveillance des zones dites « à risque ».
Plusieurs associations estiment que cette insécurité est aussi le symptôme d’une crise sociale plus large : montée du chômage, déscolarisation, précarité, désintégration du tissu familial et manque d’encadrement éducatif. Elles appellent à des solutions structurelles, mêlant prévention, inclusion et médiation communautaire.
Le gouvernement a récemment annoncé une augmentation des effectifs de la police municipale et nationale, ainsi que la mise en œuvre d’un plan de vidéo-surveillance dans les 24 gouvernorats. Mais la méfiance envers les institutions sécuritaires, parfois accusées d’abus ou de passivité, reste forte dans certains segments de la société.
La question sécuritaire devient ainsi un enjeu politique majeur, susceptible d’alimenter les discours populistes lors des futures échéances électorales. Entre rétablir l’ordre public et préserver les libertés individuelles, la Tunisie devra trouver un équilibre subtil pour éviter que la crise de confiance ne se transforme en rupture civique.
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