Au-delà des opérations de téléphonie, Orange Côte d’Ivoire se positionne comme un incubateur des startups afin d’accompagner les innovations technologiques des jeunes et des entreprises locales.
Lors d’un panel sur la souveraineté numérique, à la 13e édition de CGECI Academy, forum économique du Patronat ivoirien, tenu les 29 et 30 septembre 2025, Pacôme Boidi, un responsable de l’entreprise, a expliqué la vision du groupe en termes d’appui aux innovations technologiques.
Pacôme Boidi, chargé de la coordination des ventes chez Orange Business, a fait savoir que le groupe a créé à Abidjan un centre digital, comprenant « des Fab lab pour mettre à disposition (des jeunes porteurs de projets) des ressources pour accélérer le développement des start-ups ».
Évoquant la souveraineté économique et numérique, Pacôme Boidi a soutenu qu’il faut « créer des PME qui vont être sur le marché en s’appuyant sur les outils que l’opérateur télécom met à leur disposition » à travers un réseau intégré.
Dans ce contexte, le groupe de téléphonie a lancé autour des années 2017 le Réseau Djoliba avec des débits très importants avoisinant les 100 gigas. Trois autres pays ont rejoint, en 2024, ce réseau qui compte « continuer à intégrer d’autres capitales. »
Le réseau Djoliba, un réseau de fibre optique, s’étend dans huit pays en Afrique de l’Ouest : le Sénégal, le Libéria, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigéria et la Guinée. A ce jour, seuls ces huit pays sont couverts par le réseau.
« On s’est rendu compte qu’on était très tributaire des câbles sous-marins. Quand on a eu nos gros incidents, on s’est rendu compte que les services qu’on allait chercher plus loin on peut les avoir ici », a-t-il confié.
Le groupe a, par ailleurs, « investi pour accompagner les entreprises à se développer par rapport au vertical stratégique (santé, agriculture, éducation) avec des partenaires », a-t-il renseigné, confiant qu’il a « co-construit des offres mises à disposition de ces start-up ».
Cet opérateur télécoms, aujourd’hui, se veut « un catalyseur de l’accélération numérique en Afrique » et ambitionne de créer dans chacun de ces pays des champions nationaux. Cela devrait, par ailleurs, permettre une mutualisation des données.
Avec ce réseau, « on pourra s’appuyer dessus pour aller consommer des services au Nigéria, au Ghana ou au Sénégal », a indiqué M. Boidi, pour qui cela va permettre d’avoir des ingénieurs qualifiés, au plan local, pour accompagner les start-up locales.
Il a cité « Elon Musk qui a réussi à créer un nouveau type de réseau, sur lequel il faut qu’on fasse attention ; on est plus proche et on va avoir des éléments en termes de support de transmission de la latence qui est très proche de la fibre optique ».
Ce réseau satellitaire, c’est « entre 5´000 Km et 12 000 au lieu d’être à 36 000 Km où il était très loin (dans l’espace). Il va être quasiment sur notre tête et en tant qu’opérateur, on va travailler avec lui parce cela permet d’envoyer le service à proximité des utilisateurs », a-t-il poursuivi.
Lassina Koné, l’un des panélistes, a fait observer que « Starlink, les satellites LEO (Orbite terrestre basse), ça résout le problème de couverture global du continent n’importe où, mais on n’a aucune idée quand on a accès à Internet qui est l’autre côté qui reçoit avant l’Etat ? ».
« Pour la sûreté de l’Etat, il faut toujours exiger un gateway (dispositif permettant de relier deux réseaux informatiques) dans le pays dont les opérateurs sont les interlocuteurs pour la couverture : La souveraineté d’abord ! », a averti M. Lassina Koné.
AP/Sf/APA







