Le dossier des TPE s’impose de nouveau au centre du débat économique et social, dans un climat de méfiance alimenté par les réseaux sociaux et par la crainte d’un durcissement administratif à l’encontre des commerçants.
Dimanche 4 janvier, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a reçu une délégation de l’Union générale des commerçants et artisans algériens, conduite par son secrétaire général Issam Bedrissi, afin de désamorcer une contestation montante.
Selon un communiqué de l’organisation professionnelle, la réunion a porté sur les « développements urgents » affectant le marché national et leurs impacts directs sur l’activité commerciale. Mais en toile de fond, c’est bien la menace de grève brandie par certains collectifs de commerçants qui a accéléré la reprise du dialogue. Ces appels à la mobilisation dénoncent une supposée obligation immédiate d’équipement en TPE, perçue comme une charge supplémentaire dans un contexte de marges sous pression et de persistance du cash dans les usages quotidiens.
L’UGCAA s’est toutefois démarquée de cette ligne de confrontation, rejetant explicitement les appels à la grève qu’elle juge « infondés et contre-productifs ». Elle affirme que la stratégie du ministère repose sur l’accompagnement et non sur la coercition, citant l’aide à l’ouverture de comptes bancaires, l’explication des modalités de fonctionnement des TPE et la diversification des moyens de paiement mis à disposition des consommateurs.
Pour l’organisation, la réforme vise avant tout à fluidifier les transactions et à moderniser l’activité commerciale, sans fragiliser les professionnels.
Cette position n’a pas suffi à dissiper toutes les inquiétudes. Les souvenirs des directives bancaires de 2017, perçues à l’époque comme ambiguës et potentiellement sanctionnatrices, continuent d’alimenter la défiance. L’UGCAA assure néanmoins que ces orientations ont été réexaminées par la Banque d’Algérie afin d’éliminer tout risque d’interprétation erronée et de couper court aux rumeurs de pénalités imminentes.
Dans ce contexte, la grève demeure un levier de pression brandi par une frange du secteur, qui redoute une transition précipitée vers le paiement électronique. Le ministère, de son côté, mise sur un dialogue permanent avec les organisations professionnelles pour éviter une perturbation du marché national.
L’enjeu est désormais politique autant qu’économique : réussir la modernisation des paiements sans déclencher une crise sociale dans un commerce de proximité déjà fragilisé par les tensions inflationnistes et la contraction du pouvoir d’achat.
MK/AK/Sf/APA







