Prolongeant cette évolution, Chawki Tabib a adressé une lettre depuis sa détention à la prison de Mornaguia, dans laquelle il affirme rester «serein et confiant», tout en dénonçant une atteinte aux principes fondamentaux du droit. Il évoque notamment «le droit à une défense équitable, l’indépendance de la justice et les garanties d’un procès juste», estimant que la procédure engagée dépasse son cas personnel et touche aux fondements mêmes de la profession d’avocat.
Cette affaire s’inscrit dans une trajectoire plus large marquée par la remise en cause progressive des institutions issues de la révolution de 2011. Chawki Tabib, qui a dirigé l’Inlucc entre 2016 et 2020, incarnait l’un des principaux mécanismes de lutte contre la corruption. Son éviction en 2020, suivie des décisions politiques prises à partir de 2021, a progressivement redéfini l’équilibre entre pouvoirs exécutif, judiciaire et instances indépendantes.
Dans ce prolongement, les poursuites visant Sihem Bensedrine, associée au processus de justice transitionnelle, renforcent la perception d’un ciblage des anciens contre-pouvoirs. Plusieurs observateurs estiment que ces procédures participent d’un mouvement plus large de recentralisation du pouvoir, dans lequel les figures emblématiques de la période post-Ben Ali apparaissent particulièrement exposées.
Au-delà des cas individuels, ces développements alimentent les interrogations sur l’évolution de l’État de droit en Tunisie. Les autorités défendent de leur côté une application stricte de la loi et une volonté de réformer les institutions, tandis que les critiques soulignent les implications de ces poursuites sur l’indépendance judiciaire et la pérennité des acquis démocratiques.
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