Le juriste tunisien Chawki Tabib a été placé en détention à Tunis dans le cadre d’une affaire liée à ses anciennes fonctions à la tête de l’instance anticorruption (INLUCC), selon des organisations de défense des droits humains.
L’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, partenariat entre la FIDH et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), indique avoir été informé de la détention de M. Chawki Tabib, avocat et ancien président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC) entre 2016 et 2020.
Selon cette source, l’intéressé s’est présenté le 14 avril 2026 devant le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier de Tunis, à la suite d’une convocation. Il a ensuite fait l’objet d’un mandat de dépôt et a été incarcéré à la prison de Mornaguia, au sud-ouest de la capitale. Ses biens et avoirs financiers ont également été gelés.
Les poursuites engagées concernent notamment des accusations de « concussion » et de « blanchiment d’argent », en lien avec sa gestion passée de l’INLUCC. Les autorités judiciaires lui reprochent des avantages indus, des attributions de primes et indemnités jugées irrégulières, ainsi que des décisions financières contestées concernant des agents et prestataires de l’institution.
L’Observatoire souligne toutefois que certaines de ces pratiques auraient perduré après son départ de l’instance. Le 21 avril 2026, M. Tabib a été entendu par le juge d’instruction, en présence de six avocats parmi 47 mobilisés pour sa défense, les autres n’ayant pas été autorisés à assister à l’audience.
Selon les informations rapportées, une audience prévue le 27 avril 2026 n’a pas pu se tenir en présence de l’accusé pour des raisons non précisées, entraînant son report au 18 mai 2026. Cette procédure intervient dans un contexte où M. Tabib fait déjà l’objet d’autres poursuites judiciaires liées à ses anciennes fonctions, ainsi que de mesures antérieures de résidence surveillée et d’interdiction de voyager entre 2021 et 2021. Il avait par ailleurs été démis de ses fonctions à la tête de l’INLUCC en août 2020.
Plus largement, l’Observatoire et plusieurs organisations de défense des droits humains estiment que cette affaire s’inscrit dans un environnement marqué par des tensions autour de l’indépendance de la justice et des libertés publiques en Tunisie depuis 2021.
Ils appellent les autorités à garantir le respect du droit à un procès équitable et à mettre fin aux procédures qu’ils qualifient de harcèlement judiciaire, tout en demandant la libération immédiate de M. Tabib et des autres personnes détenues dans des situations similaires. Les autorités tunisiennes n’ont pas, à ce stade, réagi publiquement à ces déclarations.
MK/Sf/APA







