Une vaste opération de la Garde nationale et du ministère du Commerce confirme la détermination du gouvernement tunisien à lutter contre la spéculation sur les produits subventionnés.
Les autorités tunisiennes ont annoncé, dimanche, le démantèlement de plusieurs réseaux de monopole et de spéculation opérant dans le secteur agroalimentaire. Cette opération d’envergure, menée simultanément dans plusieurs gouvernorats, illustre la fermeté de l’État tunisien face à des pratiques jugées déstabilisatrices pour le marché national.
Selon des sources sécuritaires, les unités spécialisées ont procédé à des interventions coordonnées dans des entrepôts et abattoirs illégaux, aboutissant à la saisie de grandes quantités de produits alimentaires destinés à la revente spéculative. Les marchandises confisquées — farine, sucre, huile végétale et autres denrées de base — ont été réinjectées dans les circuits de distribution officiels afin d’assurer leur disponibilité sur le marché à des prix régulés.
Plusieurs contrevenants ont été interpellés et déférés devant la justice, tandis que des procès-verbaux ont été dressés pour infractions économiques.
Les opérations ont été menées conjointement par les services du ministère du Commerce, les unités de la Garde nationale et les autorités régionales. Selon les premières constatations, les réseaux démantelés agissaient à différents niveaux : rétention volontaire de marchandises, constitution de stocks illégaux pour créer une pénurie artificielle, ou encore exportation clandestine de produits subventionnés.
Ces pratiques, en hausse depuis plusieurs mois, contribuent à fragiliser l’approvisionnement des ménages tunisiens, déjà confrontés à une inflation alimentaire dépassant les 10 %.
Depuis son arrivée au pouvoir, le président Kaïs Saïed a fait de la lutte contre la spéculation un axe central de sa politique économique et sociale. Qualifiant ces pratiques de « guerre contre la société », il a régulièrement appelé à une application stricte de la loi contre « ceux qui affament le peuple ».
Dès l’été 2021, lors de visites inopinées dans des marchés et entrepôts, le chef de l’État avait dénoncé les “lobbies économiques” responsables selon lui de la désorganisation des circuits de distribution des produits de première nécessité. Il considère désormais la spéculation comme une atteinte à la souveraineté alimentaire et à la cohésion nationale.
MK/AK/Sf/APA







