L’artiste rappeur et porte-parole du parti Les Transformateurs, Djasrabé Kimassoum, plus connu sous le nom de Ray’s Kim, a été inhumé ce vendredi 18 octobre à N’Djamena, onze jours après son décès survenu le 7 octobre.
Des milliers de personnes — fans, camarades de parti, amis et proches — se sont réunies pour lui rendre un dernier hommage. Le cortège, parti de la morgue de l’hôpital de la Renaissance jusqu’à son domicile familial, a été marqué par une atmosphère à la fois chargée d’émotion et de célébration.
Une foule nombreuse pour un dernier hommage
Au rythme des chansons du défunt et des hymnes du parti, Ray’s Kim, surnommé « l’artiste du peuple », a été célébré comme une figure emblématique de la jeunesse et de la lutte politique tchadienne.
Grand absent de ces obsèques, Succès Masra, président du parti Les Transformateurs, n’a pas pu assister à la cérémonie.
Actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de N’Djamena, où il purge une peine de vingt ans de prison pour association de malfaiteurs et diffusion de message de haine, il a exprimé depuis sa cellule son souhait de rendre un « dernier hommage physique » à son compagnon de lutte.
Cependant, les autorités ne lui ont pas accordé d’autorisation de sortie pour assister aux funérailles.
Une veillée artistique perturbée
La veille, le 17 octobre, une veillée artistique organisée en mémoire de Ray’s Kim au stade de Pari-Congo a tourné à la confusion. Selon plusieurs témoins, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule venue en grand nombre, provoquant panique et chaos.
Des incidents similaires ont également été signalés plus tard dans la nuit au domicile familial du défunt, où proches et sympathisants s’étaient rassemblés pour se recueillir. Vers une heure du matin, des éléments de la Police, de la GNNT et de la Gendarmerie auraient fait usage de gaz lacrymogènes, avant de quadriller la zone au petit matin.
Cette démonstration de force a suscité l’indignation de plusieurs personnalités de l’opposition et de nombreux citoyens.
« Combattre un opposant jusqu’à refuser que des obsèques dignes lui soient organisées, en employant des moyens militaires et des gaz asphyxiants pour disperser les Tchadiens venus lui rendre hommage, relève d’un crime abominable », a réagi Max Kemkoye, président de l’UDP et membre du GCAP.
Aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des autorités à la suite de cette bavure.
Malgré ces tensions, Ray’s Kim repose désormais au cimetière de Toukra, à la sortie sud de N’Djamena.
Pour beaucoup, son engagement artistique et politique continuera d’inspirer les générations à venir. Comme le rappelle une maxime reprise par ses admirateurs : « Une légende ne meurt jamais. »
CA/Sf/APA







