Le Sénégal amorce une étape cruciale vers une politique de protection sociale plus inclusive, en y inscrivant le handicap.
Un atelier national organisé les 2 et 3 juillet 2025 à Dakar a réuni familles d’enfants en situation de handicap, institutions publiques, société civile et partenaires internationaux pour faire entendre les besoins spécifiques de cette frange souvent marginalisée.
À l’initiative de la Cellule d’appui à la protection de l’enfance (CAPE), en collaboration avec la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (DGPSN), cet atelier thématique s’est tenu sous l’égide du ministère de la Famille et des Solidarités, avec l’appui technique et financier du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) et de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).
Sur sa pager Facebook, le ministère de la Famille et des Solidarités explique que l’objectif est intégrer pleinement les droits et besoins des enfants vivant avec un handicap dans la révision en cours de la Stratégie nationale de protection sociale (SNPS), conformément aux orientations du Référentiel Sénégal 2050 et aux instructions du Conseil des ministres du 9 octobre 2024.
Durant ces deux journées d’échanges, plus de 40 acteurs issus de diverses structures – ministères, centres spécialisés, organisations communautaires et partenaires techniques – ont identifié des obstacles majeurs : accessibilité insuffisante aux services, manque de données fiables, exclusion sociale et faible reconnaissance des aidants familiaux. Des propositions concrètes ont été formulées pour y répondre, telles que l’amélioration de l’accès aux allocations familiales, le renforcement de l’éducation inclusive, et la création de dispositifs de soutien psychologique aux familles.
Les recommandations formulées seront intégrées au processus de révision de la SNPS, piloté par la DGPSN. Pour la CAPE, également membre du comité technique de suivi du programme PAPEV (Projet d’appui à la protection des enfants victimes de violations de leurs droits), cet atelier marque une étape importante pour faire émerger une politique de protection sociale équitable, inclusive et durable.
« Il est temps que les enfants en situation de handicap soient reconnus comme des titulaires de droits à part entière, et non comme des bénéficiaires passifs d’assistance », a déclaré un représentant de la société civile à l’issue des travaux.
Ce processus participatif confirme la volonté des autorités sénégalaises d’ancrer la SNPS dans une vision résolument inclusive, alignée sur les standards internationaux en matière de droits humains et de justice sociale.
TE/Sf/APA







