La mort suspecte de l’agent des douanes Aimé Coulibaly Lamtou, après une altercation dans une gare routière de Yamoussoukro, suscite une vive émotion au sein de la population. Ce drame remet sous les projecteurs le phénomène des « gnambros », ces syndicats informels, opérant dans le secteur du transport routier.
Le mardi 4 août 2026, le sous-chef Aimé Coulibaly Lamtou, agent d’encadrement à la Brigade mobile des Douanes de Yamoussoukro, a perdu la vie dans des circonstances troubles. Alors qu’il circulait en tenue civile, son véhicule est entré en collision avec un taxi communal.
L’accident a débouché sur une altercation physique à la gare routière de la capitale politique. Conduit à l’hôpital Moscati, le douanier a par la suite été retrouvé sans vie à l’extérieur de l’établissement, notamment dans un lac, à l’insu du personnel médical.
Sa dépouille a été inhumée le vendredi dernier à Tafiré, dans le Nord ivoirien, laissant la toile ivoirienne sous le choc et en quête de réponses. Ce drame a fait réagir l’ancien préfet d’Abidjan, Vincent To Bi Irié, qui a rappelé la violence systémique qui règne dans les gares routières.
Évoquant des scènes de racket où des voyageurs ou des automobilistes sont violentés pour de prétendus « droits de sol » de 200 FCFA, l’ex-préfet d’Abidjan a qualifié les gnambros de « mafieux du monde du transport ».
Selon ses observations passées, ces « activités criminelles » cumulées rapportent des centaines de millions de francs CFA par mois à des structures hautement organisées, vivant sur le dos des transporteurs et des populations vulnérables.
Pourtant, des actions d’envergure avaient été menées. Vincent To Bi Irié a rappelé dans un post les opérations de démantèlement menées en collaboration avec la gendarmerie et la police nationales à Koumassi, Yopougon et partout à Abidjan, conduisant à des centaines d’arrestations sous les remerciements des syndicats légaux.
Face à la situation, l’ex-préfet interpelle directement les décideurs sur leur passivité face à ces dysfonctionnements qui menacent la structure même de l’État. Son constat est alarmant : « Apparemment, les gnambros sont de retour. On les voit dans les gares et à l’entrée des villes. C’est reparti… ».
AP/Sf/APA







