Le 15e Forum de la rentrée syndicale de la Confédération syndicale internationale – Région Afrique (CSI-Afrique), s’est ouvert ce mardi 25 février 2025, à Grand-Bassam, station balnéaire située à 40 Km au Sud-est d’Abidjan, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le Premier ministre ivoirien, ministre des Sports et du cadre de vie, Robert Mambé, a procédé à l’ouverture du forum de la rentrée syndicale CSI-Afrique qui se déroule du 24 au 28 février 2025, autour du thème : « Employabilité, salaire décent, paix et transformation économique pour la justice sociale en Afrique. »
« Je suis venu, chers amis syndicalistes, pour célébrer les syndicats et les travailleurs qui composent les syndicats, parce que la richesse de toutes nos nations, ce sont d’abord les travailleurs », a déclaré M. Robert Mambé.
Pour le Premier ministre ivoirien, « c’est des travailleurs que part l’esprit de productivité, l’esprit de résultat, l’esprit de la victoire, et ce sont eux qui déploient leurs énergies pour consolider le progrès de nos différents pays ».
Ce forum se veut un espace de réflexions sur les questions syndicales réelles et de construction sociale, en vue de trouver des solutions et des alternatives pragmatiques pour de meilleures conditions de vie et de travail des employés.
Travail décent
Au-delà d’un rassemblement, ce rendez-vous est un creuset d’échanges, un laboratoire d’idées, une force motrice pour une révolution des conditions de travail en Afrique, face aux défis auxquels sont confrontés les travailleurs et les travailleuses.
Les participants aborderont la transformation du monde du travail sous l’effet du numérique, ainsi que l’évolution des relations entre employeurs et salariés, la nécessité d’une protection plus inclusive et l’impact des crises économiques et climatiques sur l’emploi.
Face à ces réalités, ce forum constitue une opportunité pour mutualiser les expériences, définir des stratégies communes et défendre les droits sociaux. La Côte d’Ivoire, pays hôte de cet événement, place l’amélioration des conditions de vie des travailleurs au cœur de ses priorités.
Le ministre ivoirien de l’Emploi et de la Protection sociale, Adama Kamara, a soutenu qu’ « un accès équitable et une formation professionnelle de qualité est essentielle pour garantir une insertion durable sur le marché du travail ».
« Pour renforcer l’équité, en termes d’accès à l’éducation et à la formation en Afrique, les gouvernements en collaboration étroite avec les syndicats pourraient (…) promouvoir la formation en alternance », a-t-il souligné.
Me Adama Kamara a, en outre, suggéré « le financement et l’accessibilité aux formations à travers la mise en place de fonds de soutien à la formation continue, cogéré avec les syndicats, permettant ainsi aux travailleurs d’actualiser leurs compétences ».
En Côte d’Ivoire, il existe un tel fonds dénommé Fonds de développement de la formation professionnelle (FDFP) qui garantit l’actualisation continue des compétences des travailleurs, tout en intégrant les compétences numériques et innovantes.
Salaire vital
Le salaire décent est défini comme étant un montant de revenu permettant à l’employé de faire face aux dépenses de première nécessité et de bénéficier, en outre, d’un niveau de vie socialement acceptable et supportable.
« Le développement économique inclusif ne peut se concrétiser sans garantir les conditions de travail digne et de rémunération équitable », a-t-il relevé. Pour ce faire, la Côte d’Ivoire a engagé la revalorisation régulière du SMIG qui est passé de 36 000 Fcfa à 60 000 Fcfa puis à 75 000 Fcfa en 2023.
En outre, l’Etat de Côte d’Ivoire a initié la revalorisation et l’institution de diverses indemnités pour les fonctionnaires et agents de l’Etat, ainsi que le renforcement des mécanismes d’inspection du travail afin de garantir le respect des droits sociaux et de prévenir tout abus.
Un projet de fixation de salaires adéquats, avec le soutien de l’Organisation internationale du travail (OIT) et les partenaires internationaux est actuellement en cours de mise en œuvre. Il vise à établir des salaires minimums vitaux basés sur des données sociaux-économiques.
Soro Mamadou, le secrétaire général de la Centrale syndicale ivoirienne Humanisme, et 1er vice-président de la CSI Région Afrique, a salué la « montée en puissance » du dialogue social en Côte d’Ivoire entre les syndicats et le gouvernement.
Pour Soro Mamadou, il faudrait que « le gouvernement qui est l’un des plus grands employeurs et les travailleurs que nous sommes, nous puissions être dans un dialogue social franc et constructif », un « accord gagnant-gagnant ».
Mme Rose Omamo, vice-présidente de la CSI-Afrique, représentant la présidente de la CSI-Afrique, la botswanaise Martha Molema, a appelé à des « salaires vitaux et à une justice sociale en Afrique » pour assurer un plein épanouissement des travailleurs.
AP/Sf/APA







