La coopération artisanale entre le Maroc et le Mali s’est matérialisée cette semaine à Bamako par le déploiement d’un cycle de formation ciblant plusieurs métiers techniques. L’initiative, menée par des formateurs marocains dépêchés par la Chambre des métiers de Rabat-Salé-Kénitra, se déroule en marge de la 5ᵉ édition du Salon international de l’artisanat du Mali (SIAMA). Selon les organisateurs maliens, ce programme répond à une requête officielle visant à tirer parti de l’expérience marocaine dans des domaines en pleine mutation.
Les sessions, selon leurs encadrants, alternent contenus théoriques et ateliers pratiques et couvrent un éventail de métiers allant de l’électronique automobile à la mécatronique, en passant par la réparation de téléphones portables, le tannage et la fabrication d’articles en cuir. Les formateurs marocains soulignent que l’objectif est de transférer un savoir-faire actualisé, fondé sur l’évolution des technologies utilisées dans les ateliers marocains.
Pour les autorités maliennes, ce partenariat répond à un besoin stratégique. Le président de l’Assemblée permanente des chambres de métiers du Mali, Mamadou Minkoro Traoré, rappelle que le Maroc s’est imposé ces dernières années comme une référence dans la mécatronique, la maroquinerie ou encore les techniques de réparation électronique. Il précise que la partie marocaine a accepté l’ensemble des demandes formulées par Bamako, permettant la tenue de ce cycle complet au sein du SIAMA.
L’enjeu économique est majeur pour le Mali : lors de l’ouverture du salon, le chef du gouvernement, le général Abdoulaye Maïga, a rappelé que l’artisanat représente 24,2 % du PIB national et mobilise plus de 40 % de la population active. Le renforcement des compétences techniques, ajoute-t-il, constitue un levier essentiel pour moderniser le secteur, améliorer la productivité et soutenir l’emploi.
Sur le terrain, les premiers retours des participants maliens témoignent d’une appropriation rapide des méthodes enseignées. Les apprenants saluent la clarté des explications et l’accès à des interfaces techniques apportées du Maroc, qui leur permettent de s’initier aux protocoles modernes de diagnostic automobile ou aux procédés de traitement du cuir. Plusieurs stagiaires estiment que ces apports constituent une valeur ajoutée directe pour leurs activités.
Le programme se poursuivra durant tout le séjour de la délégation marocaine à Bamako, avec des modules consacrés à chaque spécialité. Cette coopération devrait déboucher, selon les deux parties, sur une nouvelle phase d’échanges destinée à structurer des formations continues dans les métiers techniques et artisanaux.
MK/AK/Sf/APA






