Le Maroc continue d’afficher une dynamique économique solide malgré un environnement international marqué par les crises géopolitiques et les incertitudes des marchés, selon les derniers indicateurs économiques présentés jeudi à Rabat lors du Conseil du gouvernement.
Dans un contexte mondial marqué par la succession de chocs économiques et géopolitiques, l’économie marocaine maintient une trajectoire de croissance soutenue et des équilibres macroéconomiques relativement maîtrisés. Les autorités ont mis en avant la capacité du Royaume à transformer les crises en opportunités de réforme, en s’appuyant sur une stratégie économique orientée vers la diversification de l’économie, le renforcement de l’investissement et la consolidation des fondements de l’État social.
Cette résilience économique est également reflétée dans l’appréciation des agences internationales de notation. La plus récente évaluation de Moody’s a ainsi relevé les perspectives de la note souveraine du Maroc de « stable » à « positive », soulignant l’amélioration attendue de la croissance, la dynamique de l’investissement et la poursuite des réformes structurelles visant à renforcer la performance budgétaire et à diversifier l’économie nationale.
Les principaux indicateurs macroéconomiques de fin 2025 confirment cette tendance. L’inflation a été contenue à 0,8 %, tandis que le déficit budgétaire a été ramené à 3,5 % du PIB. Dans le même temps, le taux d’endettement du Trésor a reculé à 67,2 %, alors que les investissements directs étrangers ont atteint 56 milliards de dirhams, un niveau inédit selon les autorités. Ces performances ont contribué à une croissance économique de 4,8 % en 2025, illustrant la capacité de l’économie marocaine à absorber les chocs extérieurs.
Les perspectives pour 2026 restent également orientées à la hausse. L’économie devrait poursuivre sa reprise pour une cinquième année consécutive, portée principalement par la progression des secteurs non agricoles et par une forte reprise de l’activité agricole. Les projections évoquent une croissance agricole pouvant approcher les 15 %, soutenue par l’amélioration des conditions climatiques et par la reprise des chaînes de production agricoles.
Les pluies enregistrées dans plusieurs régions du Royaume devraient contribuer à améliorer les rendements des cultures céréalières, des cultures de base ainsi que de l’élevage, malgré les inondations qui ont affecté certaines zones du Nord et du Gharb. Cette évolution renforce le rôle stratégique du secteur agricole dans la croissance économique et dans la consolidation de la sécurité alimentaire nationale.
Cette dynamique intervient toutefois dans un environnement international toujours incertain. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, continuent d’alimenter la volatilité des marchés énergétiques mondiaux. Pour une économie importatrice d’énergie comme le Maroc, une flambée durable des prix du pétrole pourrait exercer une pression sur les coûts de production, l’inflation et le pouvoir d’achat des ménages.
Dans ce contexte, la trajectoire économique du Royaume repose sur la poursuite des réformes structurelles et sur le renforcement de l’attractivité de l’économie nationale pour les investisseurs. Les autorités estiment que la consolidation de ces acquis permettra au Maroc de maintenir sa capacité d’adaptation face aux chocs extérieurs et de préserver la confiance des marchés internationaux.
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