Le Mali accueille 317 188 réfugiés et demandeurs d’asile et compte 414 524 déplacés internes, selon les chiffres présentés à l’occasion de la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés. Les discussions avec Barham Salih portent sur le passage progressif de l’assistance humanitaire à l’inclusion et à l’autonomisation.
Plus de 731 000 réfugiés, demandeurs d’asile et déplacés internes sont recensés au Mali, confronté à une crise humanitaire alimentée par les violences persistantes dans le Sahel, ont indiqué lundi les autorités maliennes.
Ces chiffres ont été présentés lors d’une réunion entre le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham Salih, et cinq membres du gouvernement chargés respectivement de l’Administration territoriale, de la Justice, de la Santé, de la Jeunesse et de l’Emploi.
Selon les données communiquées au 31 août, le pays accueille 317 188 réfugiés et demandeurs d’asile et compte 414 524 personnes déplacées à l’intérieur de ses frontières. Les autorités font également état de 90 412 rapatriés.
Dans le même temps, 338 369 Maliens vivent toujours comme réfugiés dans d’autres pays. Cette situation place le Mali dans une double position : pays d’accueil pour des populations fuyant les violences dans les États voisins et pays d’origine de centaines de milliers de réfugiés.
Arrivé lundi matin à Bamako, Barham Salih effectue une visite officielle prévue jusqu’au 16 septembre. Cette mission intervient moins de neuf mois après sa prise de fonctions à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Les échanges avec le gouvernement ont porté sur une transition progressive de l’assistance d’urgence vers l’inclusion et l’autonomisation. Les secteurs retenus comprennent notamment l’éducation, la santé, l’accès aux documents d’identité, la formation professionnelle, l’emploi, l’entrepreneuriat et la protection sociale.
Près de 80 % des réfugiés accueillis au Mali sont des jeunes, selon les chiffres présentés lors de la rencontre. Le Haut-Commissaire a notamment préconisé un dialogue accru entre les jeunes réfugiés et leurs communautés d’accueil, en s’appuyant sur le sport et l’éducation citoyenne.
Une pression régionale
Les dernières données détaillées publiées par le HCR montrent que 69,1 % des réfugiés enregistrés au Mali viennent du Burkina Faso, 21,5 % du Niger et 8,1 % de la Mauritanie. Les régions de Mopti, Gao et Ménaka concentrent la majorité de cette population.
La réunion a également abordé les questions de l’apatridie et de l’identité juridique, qui compliquent l’accès aux services essentiels. Certains réfugiés restent confrontés à des difficultés pour obtenir des documents, regagner leur pays d’origine ou accéder à une solution juridique durable.
En mai, le HCR avait lancé un appel pour mobiliser 5,6 millions de dollars de financements flexibles supplémentaires jusqu’à la fin de 2026. Ces ressources doivent notamment couvrir la surveillance des risques de protection, les abris, les documents d’identité, les biens ménagers essentiels et la préparation à de nouveaux déplacements de population.
Durant son séjour, Barham Salih doit également rencontrer des réfugiés, des membres des communautés d’accueil et les équipes du HCR. Ces échanges doivent permettre de préciser les besoins prioritaires et les solutions susceptibles d’être mises en œuvre avec les autorités maliennes et les partenaires internationaux.
MD/te/APA





