Le président du Conseil présidentiel en Libye, Mohammed Menfi, a institué un comité consultatif chargé d’évaluer la situation macroéconomique et de formuler des recommandations urgentes, sur fond de tensions inédites sur le taux de change.
Par décision officielle, Mohammed Menfi a formé un comité consultatif économique présidé par Hossam Al-Shahibi et composé de sept experts : Al-Taher Al-Jehimi, Mohamed Abousenina, Idris Al-Sharif, Ezzedine Ashour, Ayoub Al-Farsi, Nasser Al-Maarefi et Ahmed Bin Amer. Selon le communiqué, cette instance devra soumettre un rapport technique détaillé au Conseil présidentiel afin d’analyser la conjoncture économique actuelle aux plans macroéconomique et institutionnel.
Le mandat confié au comité consiste à identifier les principaux risques pesant sur l’économie nationale et à proposer des solutions, à court et moyen termes, à destination du pouvoir exécutif. Mohammed Menfi a justifié cette initiative par la « détérioration continue des indicateurs macroéconomiques », estimant que la situation menace désormais la stabilité du pays, la sécurité nationale et les droits des citoyens.
La décision impose à l’ensemble des institutions publiques de fournir au comité les données et moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Une prime forfaitaire sera accordée à ses membres, dont le montant sera fixé ultérieurement.
Cette initiative intervient dans un contexte de fortes tensions monétaires. Le dollar américain a atteint le seuil de 10 dinars libyens sur le marché parallèle, un niveau record traduisant l’écart persistant entre le taux officiel et le marché informel. Cette dépréciation accentue les pressions inflationnistes dans une économie largement dépendante des importations, notamment pour les produits alimentaires et les biens de consommation courante.
La Banque centrale de Libye avait annoncé début février un ensemble de réformes et de mesures réglementaires destinées à encadrer le marché des changes et à limiter la spéculation. Toutefois, la persistance d’un différentiel important entre les circuits officiels et parallèles souligne les fragilités structurelles du système financier, marquées par la fragmentation institutionnelle et la dépendance aux recettes pétrolières.
La création de ce comité consultatif traduit une reconnaissance officielle de la gravité de la situation économique. Son efficacité dépendra de sa capacité à produire un diagnostic partagé entre les différentes autorités libyennes et à transformer les recommandations techniques en décisions exécutoires, dans un environnement institutionnel encore marqué par des divisions politiques et une gouvernance économique sous tension.
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