La Chambre des représentants libyenne a averti qu’elle engagerait des poursuites judiciaires contre toute entité impliquée dans la manipulation ou la mauvaise gestion des avoirs libyens gelés à l’étranger, un dossier relancé cette semaine au Conseil de sécurité de l’ONU.
Le chef du comité de la Chambre des représentants (HoR) chargé du suivi des avoirs libyens gelés à l’étranger, Yousef Al-Aqouri, a affirmé samedi que toute atteinte à ces fonds constituerait « une violation directe de la souveraineté libyenne et des droits des générations futures ». Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, il a assuré que son comité appliquerait une politique de « tolérance zéro » et engagerait des poursuites judiciaires contre les responsables présumés.
Selon Al-Aqouri, la HoR entend coordonner ses démarches avec les États membres du Conseil de sécurité des Nations Unies afin de protéger les fonds gelés, rétablir les droits de l’État libyen et garantir la préservation intégrale de ces avoirs. Il a précisé suivre de près les travaux du Conseil de sécurité consacrés à ce dossier, évoquant de « graves violations » entourant la gestion de ces fonds depuis plusieurs années.
Le responsable libyen s’est félicité du soutien exprimé par plusieurs acteurs internationaux à la demande de la Libye d’un audit financier complet de l’ensemble de ses avoirs gelés à l’étranger. Il a également plaidé pour une indemnisation du pays en cas de manquements avérés ou d’utilisation abusive de ces fonds, gelés dans le cadre des sanctions internationales imposées après 2011.
Lors d’une session du Conseil de sécurité consacrée à la Libye, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Ammar Benjamaa, a affirmé que les avoirs financiers libyens gelés faisaient l’objet de dilapidations et d’utilisations abusives par certaines institutions financières étrangères. Il a estimé que ces pratiques constituaient une violation flagrante du droit international et des résolutions onusiennes en vigueur.
S’exprimant au nom de l’Algérie et du Groupe africain, le diplomate a appelé à un processus de responsabilisation « global et transparent », afin que les institutions ou acteurs impliqués rendent des comptes et indemnisent l’État libyen pour tout préjudice subi. Il a insisté sur la nécessité de préserver ces fonds en tant que propriété souveraine du peuple libyen.
De son côté, le représentant permanent de la Russie auprès des Nations Unies, Vassili Nebenzia, a mis en garde contre les risques liés à toute manipulation des avoirs gelés de la Libye. Il a souligné l’importance d’un contrôle strict de leur gestion et du respect de leur statut juridique, appelant à garantir leur conservation jusqu’à ce qu’une solution politique durable permette leur restitution dans l’intérêt du pays.
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