L’opposant tchadien Max Kemkoye a adressé, lundi, une lettre ouverte au président Mahamat Idriss Déby Itno à l’occasion de ses 100 jours de détention, dénonçant ce qu’il qualifie de poursuites politiques et appelant le chef de l’État à engager un dialogue national pour éviter une aggravation de la crise.
Porte-parole de l’ancien Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), dissous par la Cour suprême avant une marche prévue le 2 mai 2026, Max Kemkoye a été arrêté le 25 avril avec plusieurs autres responsables de l’opposition. Le 8 mai, il a été condamné à huit ans de prison notamment pour attroupement armé, rébellion, détention d’armes de guerre, mouvement insurrectionnel et association de malfaiteurs. Il a interjeté appel le 14 mai.
Dans sa lettre rendue publique lundi, l’opposant rejette l’ensemble des accusations portées contre lui et ses coaccusés. Il affirme que leur coalition préparait une marche pacifique destinée à réclamer le respect des libertés publiques et non une action armée. Il soutient qu’en raison de son recours en appel, sa condamnation n’est pas définitive.
Max Kemkoye estime par ailleurs que l’incarcération simultanée de plusieurs dirigeants de partis d’opposition constitue une situation sans précédent dans l’histoire politique du Tchad. Selon lui, neuf chefs de partis ont été condamnés, dont six sont actuellement détenus, une situation qu’il présente comme le signe d’un recul des libertés politiques.
L’opposant dresse également un bilan critique de la gouvernance du pays, évoquant les difficultés persistantes d’accès à l’eau et à l’électricité, la cherté de la vie, les tensions communautaires ainsi que les faibles performances du Tchad en matière de transparence budgétaire, d’attractivité des investissements et de développement humain.
Dans son message, il exhorte le président Mahamat Idriss Déby Itno à privilégier la réconciliation nationale et le dialogue politique. Citant la célèbre mise en garde de l’ancien président Idriss Déby Itno – « après moi, ce sera le chaos » –, il appelle les autorités à renforcer la légitimité des institutions par le consensus plutôt que par la force.
Il plaide notamment pour l’organisation d’assises nationales, d’une conférence sur les réformes institutionnelles et budgétaires ainsi que d’un colloque réunissant les compétences tchadiennes de l’intérieur et de la diaspora afin de proposer des réponses aux défis économiques et sociaux.
Au moment de la publication de cette dépêche, la présidence tchadienne n’avait pas réagi publiquement à cette lettre ouverte.
CA/te/APA







