L’aggravation du déficit commercial illustre les difficultés de l’Egypte à contenir sa facture extérieure malgré une nette accélération de ses ventes à l’international.
Le déficit commercial de l’Égypte a atteint 4,8 milliards de dollars en avril 2026, contre 4,0 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 20,2 %, selon le bulletin mensuel sur le commerce extérieur publié lundi par l’Agence centrale pour la mobilisation publique et la statistique (CAPMAS). Cette évolution résulte d’une augmentation plus marquée des importations que des exportations au cours de la période.
Les importations se sont établies à 9,9 milliards de dollars en avril, contre 8,2 milliards un an auparavant, enregistrant une progression de 20,7 %. Dans le même temps, les exportations ont augmenté de 21,1 %, passant de 4,2 milliards à 5,1 milliards de dollars. Malgré cette performance, l’accélération des achats à l’étranger a continué de peser sur l’équilibre des échanges extérieurs.
La hausse des importations a été principalement alimentée par les produits de base et les intrants industriels. Les achats de cuivre et de ses dérivés ont bondi de 84,1 %, ceux de blé de 57,5 %, tandis que les importations de matières plastiques sous formes primaires ont progressé de 16,3 % et celles de matières premières en fer et en acier de 6,5 %. À l’inverse, les importations de voitures ont reculé de 22,5 %, celles de produits chimiques organiques et inorganiques de 11,1 %, d’huiles raffinées de 6,7 % et de produits pétroliers de 4,4 %.
Du côté des exportations, plusieurs secteurs ont soutenu la croissance des ventes égyptiennes à l’international. Les exportations de produits pétroliers ont augmenté de 44,8 %, celles de fruits frais de 62,6 %, du prêt-à-porter de 30 % et des produits alimentaires divers de 6,8 %. En revanche, les exportations d’engrais ont chuté de 58,4 %, celles de pommes de terre de 51,2 %, des barres, tiges et fils de fer de 37,6 % et des légumineuses sèches de 4,4 %.
Le Caire poursuit néanmoins son objectif de porter les exportations égyptiennes à 100 milliards de dollars d’ici 2030. Les données d’avril montrent toutefois que l’amélioration des performances à l’export ne suffit pas encore à compenser la progression rapide des importations, maintenant la balance commerciale sous pression dans un contexte de forte demande en produits alimentaires et en matières premières.
MK/AK/Sf/APA







