L’Autorité nationale indépendante électorale (ANIE) assure avoir appliqué strictement la loi dans l’examen des candidatures aux législatives du 2 juillet, alors que les rejets de dossiers continuent d’alimenter les critiques de l’opposition et les interrogations sur l’ouverture du scrutin.
À moins d’un mois des élections législatives prévues le 2 juillet en Algérie, l’ANIE tente de contenir une controverse qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Son président par intérim, Karim Khelfane, a affirmé que l’examen des dossiers de candidature avait été mené conformément aux dispositions de la loi électorale et qu’aucune volonté d’exclusion politique n’avait guidé les décisions de l’instance.
Cette mise au point intervient alors que plusieurs partis et candidats indépendants dénoncent depuis plusieurs jours l’invalidation de nombreux dossiers. Face à ces accusations, Karim Khelfane soutient que les refus reposent exclusivement sur des critères juridiques clairement définis, notamment le nombre requis de signatures, la représentation des jeunes, des femmes et des universitaires ou encore la régularité de la situation fiscale des candidats.
L’argumentation de l’ANIE s’inscrit dans une justification plus large portée par les autorités algériennes. Selon son président par intérim, ces mesures participent à une stratégie visant à « lutter contre l’argent sale » et à « moraliser la vie politique ». Une formule qui revient régulièrement dans le discours officiel depuis plusieurs années mais qui peine à convaincre une partie de la classe politique, laquelle estime que les nouvelles dispositions électorales créent davantage d’obstacles administratifs qu’elles ne favorisent la compétition démocratique.
Cette polémique soulève d’autant plus de questions que le calendrier électoral laisse peu de marge aux formations politiques pour corriger d’éventuelles irrégularités. Karim Khelfane souligne que les partis ayant déposé leurs dossiers en avance ont pu compléter ou rectifier certains éléments, contrairement aux listes présentées dans les dernières heures précédant la clôture des candidatures. Une explication qui ne dissipe toutefois pas les critiques de ceux qui dénoncent un processus particulièrement sélectif.
Pour répondre aux accusations d’arbitraire, l’ANIE met en avant l’existence de recours devant les juridictions administratives. Le responsable de l’institution affirme que plusieurs dossiers ont déjà été réexaminés par la justice, y voyant la preuve du fonctionnement normal des mécanismes institutionnels. Reste que l’ampleur des contestations et le nombre de recours déposés témoignent également d’un climat de défiance persistant autour de l’organisation du scrutin.
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