Une hausse discrète des prix des carburants décidée début 2026 par l’Algérie provoque une grève massive des transporteurs et ravive les craintes d’une contestation sociale plus large, dans un contexte de fragilité budgétaire et d’érosion du pouvoir d’achat.
La décision est tombée sans préavis. Dans la nuit du 1er janvier 2026, les autorités algériennes ont procédé à une augmentation généralisée des prix à la pompe, sans communication officielle ni débat public. Selon les nouveaux tarifs, l’essence est passée de 45,62 à 47 dinars le litre (+3,02 %), le gasoil de 29,01 à 31 dinars (+6,85 %), tandis que le GPL carburant a enregistré une hausse brutale de 33,33 %, de 9 à 12 dinars le litre. Une méthode jugée opaque, d’autant plus que l’exécutif a contourné l’Assemblée populaire nationale, nourrissant les soupçons d’une décision et faisant redouter d’emblée les réactions sociales.
Les premiers à exprimer leur colère ont été les transporteurs privés, déjà fragilisés par l’entrée en vigueur d’un nouveau code de la route jugé répressif. Le gel réglementaire des tarifs les a rapidement conduits à une grève illimitée, largement suivie à travers le pays.
Transport urbain et inter-wilayas paralysés, gares routières désertées, chaînes d’approvisionnement perturbées : l’économie a tourné au ralenti, mettant en lumière la dépendance structurelle du pays à ce secteur stratégique.
Face à la montée de la grogne, les autorités ont d’abord opté pour la fermeté verbale. Les menaces de la société nationale Naftal et les appels au patriotisme relayés par l’UGTA n’ont toutefois pas permis de briser la mobilisation. La colère s’est même étendue à d’autres catégories, notamment les chauffeurs de taxi, tandis que les usagers, pénalisés, se sont tournés vers le transport clandestin à des coûts prohibitifs.
Pour éviter l’embrasement, l’exécutif a finalement concédé une revalorisation des tarifs de transport, entérinée après des discussions entre les ministères de l’Intérieur et des Transports et les représentants du secteur.
Une rencontre avec la Sogral devait encore affiner les nouveaux barèmes. Cette réponse, qualifiée de « bricolage » par plusieurs observateurs, transfère en réalité le surcoût du carburant vers les citoyens, avec le risque d’une hausse en cascade des prix des produits de première nécessité.
Officiellement, le ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, justifie cette hausse par la nécessité de préserver le fonctionnement des raffineries et la disponibilité du carburant. Mais en toile de fond, la réalité est budgétaire.
Faute de diversification économique, la réduction progressive des subventions apparaît comme la variable d’ajustement privilégiée, au risque de fragiliser une paix sociale déjà sous tension.
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