Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a confirmé, lors de son discours sur l’état de la nation devant le Parlement, sa volonté d’engager un dialogue national avec l’ensemble des formations politiques, dont la concrétisation est annoncée pour 2026, une échéance conditionnée à l’adoption préalable de la nouvelle loi sur les partis politiques.
Accueilli par les présidents de l’Assemblée populaire nationale (APN) et du Conseil de la nation, le chef de l’État algérien a livré un propos d’une grande clarté sur ses intentions politiques. Il a réaffirmé son engagement en faveur d’un « large dialogue » avec les représentants de la scène nationale, présenté comme un levier de renforcement de l’unité et de la souveraineté du pays. Le président a annoncé, à ce titre, la tenue d’une rencontre formelle avec les partis politiques, venant institutionnaliser des échanges qu’il dit mener de manière continue depuis son accession au pouvoir en 2019.
Dans un discours à la fois ouvert dans la forme et fermement balisé sur le fond, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur le fait que rien ne sera imposé aux partis. Il a toutefois rappelé l’existence de lignes rouges non négociables, liées à l’unité nationale, à la souveraineté populaire et au rejet de toute ingérence étrangère. Cette articulation entre liberté d’expression politique et responsabilité nationale constitue l’un des axes centraux de sa vision du dialogue à venir.
Le président n’a pas éludé les réserves exprimées par plusieurs formations politiques à l’égard de la législation adoptée après la Constitution du 1er novembre 2020. Il a, au contraire, défendu les réformes engagées, notamment les lois sur les partis et le régime électoral, qu’il a qualifiées de « toilettage salutaire » de la scène politique. La limitation des mandats, la criminalisation de l’argent sale en politique et la promotion de nouvelles compétences, en particulier parmi les jeunes, ont profondément modifié les pratiques partisanes, non sans résistances.
Sur le fond, le dialogue annoncé se veut inclusif et structurant. Selon la lecture présidentielle, les points de consensus issus des échanges devront être intégrés dans le fonctionnement du système partisan, sans pour autant remettre en cause les fondements de l’État. La course au pouvoir, a-t-il souligné, ne saurait primer sur la République ni sur l’intérêt supérieur de la nation.
La tenue du dialogue reste néanmoins suspendue à l’adoption de la loi sur les partis politiques, actuellement en cours d’examen législatif. Présenté comme un texte tenant compte des observations de l’ensemble de la classe politique, ce projet a été salué par le chef de l’État comme un « nouvel acquis démocratique » destiné à renforcer l’immunité institutionnelle du pays.
Si le discours affiche une volonté manifeste d’ouverture, il confirme aussi une approche étroitement encadrée du pluralisme. Le dialogue national promis pour 2026 apparaît ainsi moins comme une refondation que comme un ajustement maîtrisé, dans lequel les partis sont appelés à devenir des acteurs de stabilité autant que de représentation, au service d’un objectif central : la consolidation politique préalable à l’ambition d’émergence économique du pays.
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