Après une année 2025 sans sacrifice rituel de l’Aïd Al-Adha, les Marocains s’apprêtent à fêter l’Aid dans un contexte marqué par une hausse des prix des moutons et une offre suffisante.
Alors que l’Aïd Al-Adha se profile à l’horizon, le marché des moutons au Maroc traverse une situation paradoxale. Malgré une offre suffisante, la demande baisse et les prix grimpent. Le gouvernement de Aziz Akhannouch fait état d’une offre comprise entre 8 et 9 millions de têtes d’ovins et de caprins pour l’Aïd Al-Adha cette année, soit un volume supérieur à la demande nationale estimée entre 6 et 7 millions.
Un tour effectué par le correspondant de l’agence APA dans les souks hebdomadaires et les points de vente à Rabat et dans les régions, a permis de constater que le mouton se vend entre 3 000 et 7 000 dirhams dans les zones urbaines. Le prix est cependant moins bas dans des zones rurales. Ceux des moutons de haute qualité, de race Sardi ou Bergui, peuvent parfois atteindre 9 000 dirhams.
Au Royaume, en particulier dans les villes, les citoyens préférèrent attendre deux ou trois jours avant la fête pour aller chercher leur mouton, soit dans les souks ou dans les points aménagés pour cette occasion religieuse. D’autres préfèrent se diriger vers les supermarchés qui proposent des ventes au poids.
Cité par des médias locaux, Mohamed Jebli, président de la Fédération marocaine des acteurs du secteur de l’élevage, a fait observer que les prix des moutons de l’Aïd seront plus chers cette année, en raison de plusieurs facteurs, notamment la hausse du coût des aliments pour bétail et des prix des carburants et des transports.
Cette année, le problème n’est pas de se procurer un mouton, mais de comprendre la hausse des prix et, ce en dépit de l’abondance de l’offre qui pourtant dépasse la demande, vu que l’année dernière les marocains ont été appelés par le Roi Mohammed VI, en sa qualité d’Ami Al-Mouminine, à renoncer au rituel du sacrifice de l’Aïd Al-Adha en raison de la sécheresse persistante qui frappait le pays. Le Souverain a cependant lui-même procédé au sacrifice de deux béliers, perpétuant ainsi la Sunna (tradition prophétique).
« Notre souci de vous permettre d’accomplir ce rituel religieux dans les meilleures conditions s’accompagne du devoir de prendre en compte les défis climatiques et économiques auxquels notre pays est confronté et qui ont conduit à une baisse significative du nombre de têtes de bétail », affirmait le Roi dans un message au peuple marocain, diffusé par le ministre marocain des dotations et des affaires islamiques Ahmed Tawfiq.
Bien que le gouvernement rassure quant à une abondance de l’offre, le citoyen craint la poursuite de la hausse des prix à quelques jours de l’Aid. Le ministère de l’Agriculture annonce une offre comprise entre 8 et 9 millions de têtes d’ovins et de caprins pour l’Aïd Al-Adha cette année, soit un volume supérieur à la demande nationale estimée entre 6 et 7 millions. Les autorités assurent également que l’état sanitaire du cheptel est satisfaisant, tandis que les opérations de contrôle vétérinaire et l’organisation des marchés temporaires ont été renforcées à travers le Royaume.
La Fédération marocaine des acteurs du secteur de l’élevage fait noter qu’un éleveur dépense aujourd’hui environ 13 dirhams par jour pour nourrir un mouton, soit près de 400 dirhams par mois, ce qui explique que les prix des moutons varient actuellement entre 3 000 et 8 000 dirhams. Elle invite les Marocains à acheter leurs moutons dès maintenant, avertissant qu’une forte demande durant les deux derniers jours précédant l’Aïd pourrait provoquer une flambée encore plus importante des prix.
Toutefois, certaines familles optent pour le choix des hôtels pour passer les deux jours de l’Aid et se libérer ainsi tant des taches exigées par cette fête que de l’achat du mouton qu’ils considèrent cette année trop cher. Les citoyens réfléchissent à deux fois avant d’acheter un mouton, sans oublier la situation économique compliquée pour de nombreuses familles. En effet, un simple calcul laisse estimer qu’un mouton de 60 kilogrammes peut coûter jusqu’à 4 800 dirhams, ce qui représente une somme considérable pour les ménages à revenus moyens. Les acteurs du secteur pointent du doigt la hausse des coûts des aliments pour animaux et des carburants générée notamment par la crise au Moyen-Orient causée par la guerre en Iran.
Les réseaux sociaux soulignent au cours de ces derniers jours un net recul de la fréquentation des visiteurs qui se limitent souvent à venir observer sans acheter l’animal en attendant des jours meilleurs.
Outre la controverse suscitée autour de la hausse des prix des moutons, les ménages affronteront une autre difficulté, à savoir une flambée du prix du charbon de bois à l’approche de l’Aïd Al-Adha.
L’Observatoire marocain de la protection du consommateur (OMPC) alerte déjà sur la flambée du prix du charbon de bois. Le kilo de charbon serait passé d’environ 7 DH à une fourchette comprise entre 15 et 20 DH sur plusieurs marchés, soit une hausse pouvant atteindre 185%. Pour les ménages, cette flambée ajoute un coût supplémentaire à une fête déjà marquée par le poids du mouton, du transport et des autres dépenses liées à ce rituel.
Devant une telle situation, de nombreux citoyens préfèrent reporter leur achat de mouton aux derniers jours dans l’espoir d’une baisse des prix ou de meilleures offres.
AK/Sf/APA





