L’Autorité nationale des poursuites (NPA) sud-africaine a ordonné la réouverture des enquêtes sur les morts suspectes d’Albert Luthuli, ancien dirigeant du Congrès national africain (ANC), et de l’avocat des droits humains Griffiths Mxenge.
Les audiences débuteront ce lundi devant la Haute Cour de Pietermaritzburg et viseront à réexaminer les circonstances entourant la mort d’Albert Lithuli et Griffiths Mxenge, longtemps jugées controversées.
La décision de réouverture de ces enquêtes intervient après l’émergence de nouveaux éléments de preuve susceptibles de remettre en question les conclusions des enquêtes initiales, selon la NPA.
Le ministère de la Justice a insisté sur la nécessité de rouvrir ces dossiers au nom de la justice et de la vérité.
Albert Luthuli, président de l’ANC à l’époque où l’organisation était interdite, est mort en 1967, apparemment percuté par un train de marchandises près de son domicile à Groutville, dans la province du KwaZulu-Natal. L’enquête officielle avait conclu à un accident, faute de preuves de responsabilité pénale. Toutefois, sa famille et plusieurs militants ont toujours douté de cette version, soupçonnant un acte criminel orchestré par le régime de l’apartheid.
Lauréat du prix Nobel de la paix en 1960 pour sa lutte non violente contre l’apartheid, Luthuli vivait alors sous de strictes restrictions : interdit de toute activité politique, il n’était pas autorisé à quitter sa zone de résidence. Son petit-fils, Albert Mthunzi Luthuli, a salué la reprise des investigations :
« Nous pensons que la Commission vérité et réconciliation a abandonné de nombreuses familles de victimes en accordant l’amnistie aux meurtriers de l’apartheid. »
Le second dossier concerne Griffiths Mxenge, avocat renommé et militant anti-apartheid, assassiné en 1981 à Umlazi, près de Durban. Son corps portait de nombreuses blessures : poignardé à plusieurs reprises, il avait aussi été égorgé.
Si l’enquête initiale n’avait pas permis d’identifier les responsables, les révélations de Butana Almond Nofemela en 1990 ont permis de faire la lumière sur ce crime. Ce dernier, ancien membre d’un escadron de la mort du régime, a reconnu sa participation au meurtre, aux côtés de Dirk Coetzee et David Tshikalange. Tous trois ont ensuite été amnistiés par la Commission vérité et réconciliation en 1997.
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