Une nouvelle étude de Climate Central conclut que le réchauffement climatique d’origine humaine, davantage que le phénomène naturel El Niño, est le principal responsable des épisodes mondiaux de blanchissement des récifs coralliens observés au cours des quatre dernières décennies.
Les épisodes de blanchissement massif des coraux enregistrés depuis 40 ans sont principalement dus au réchauffement des océans provoqué par les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines, selon une étude réalisée par l’organisation Climate Central et qui sera prochainement publiée dans la revue Oceanography.
En combinant une méthode d’attribution des événements climatiques extrêmes avec les modèles de risque de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), les chercheurs ont évalué l’influence respective du changement climatique d’origine humaine et du phénomène El Niño sur les vagues de chaleur marines responsables du blanchissement des récifs.
Leurs conclusions montrent que la hausse des températures de surface des océans imputable aux activités humaines constitue désormais le principal facteur des grandes crises de blanchissement à l’échelle mondiale.
L’influence humaine désormais déterminante
Si les épisodes majeurs de blanchissement de 1998, 2010, 2014-2017 et 2018-2025 ont longtemps été attribués principalement à El Niño, l’étude estime que ce phénomène naturel n’aurait pas suffi, à lui seul, à provoquer de tels événements à grande échelle.
Pour le plus récent épisode, couvrant la période 2018-2025, les chercheurs indiquent que, parmi les 71 régions touchées, une seule aurait connu un risque modéré de blanchissement dans un scénario exempt de réchauffement climatique d’origine humaine.
« Sans le changement climatique provoqué par les activités humaines, le blanchissement des coraux serait resté un phénomène rare et localisé », souligne Andrew Pershing, directeur des programmes de Climate Central et auteur principal de l’étude.
Il rappelle que les conséquences dépassent largement les écosystèmes marins, des millions de personnes dépendant des récifs coralliens pour leur alimentation, leurs revenus et la protection des littoraux.
De nouveaux épisodes attendus
Les chercheurs anticipent de nouveaux épisodes de blanchissement massif entre 2026 et 2027, notamment dans le sud de la mer des Caraïbes, sur les côtes d’Amérique centrale et du Sud, ainsi que dans plusieurs régions d’Asie de l’Est.
L’étude identifie également un seuil majeur : à partir de 2028, l’influence du réchauffement climatique d’origine humaine devrait dépasser celle d’El Niño dans l’ensemble des régions récifales du globe.
Les scientifiques estiment que les coraux conservent une certaine capacité d’adaptation, mais préviennent que seule une réduction rapide et substantielle des émissions mondiales de gaz à effet de serre permettra de limiter la dégradation durable de ces écosystèmes, qui abritent près d’un quart de la biodiversité marine tout en couvrant moins de 1 % des fonds océaniques.
ARD/te/Sf/APA







