Porté par la multiplication des projets extractifs et des investissements dans les infrastructures, le secteur minier sénégalais poursuit sa montée en puissance.
La livraison, jeudi à Sangalkam, d’une flotte de 13 équipements lourds Caterpillar à l’entreprise SFTP Mining illustre les besoins croissants des opérateurs en matériels performants, en maintenance et en solutions technologiques pour accompagner cette dynamique.
Cette acquisition, réalisée auprès de Neemba Sénégal, dépasse le cadre d’une simple opération commerciale. Elle témoigne de l’évolution du secteur minier ouest-africain, où la disponibilité des équipements, la qualité du service après-vente et la digitalisation des engins deviennent des facteurs déterminants de compétitivité. La flotte comprend notamment des pelles hydrauliques, des chargeuses, des tractopelles, des niveleuses et des bulldozers destinés à intervenir sur des projets miniers, industriels et d’infrastructures au Sénégal ainsi que dans plusieurs pays de la sous-région.
Le Sénégal s’impose progressivement comme l’un des pôles miniers les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest. L’exploitation de l’or, du zircon, des phosphates, du calcaire et des sables minéralisés, conjuguée au développement de nouveaux projets, stimule les investissements dans les équipements et les services spécialisés.
Selon les données présentées lors de la cérémonie, le secteur minier a représenté près de 32 % des exportations sénégalaises et environ 12 % des recettes publiques en 2024, confirmant son poids croissant dans l’économie nationale.
Cette croissance s’accompagne toutefois de nouveaux défis. Pour les entreprises minières et les grands groupes de travaux publics, la performance ne dépend plus uniquement de la qualité des machines, mais également de leur disponibilité, de la rapidité des opérations de maintenance et de la capacité à limiter les immobilisations sur les chantiers.
« Dans nos métiers, accompagner un client ne signifie pas seulement livrer une machine. Cela passe aussi par le suivi technique, la maintenance, la disponibilité des pièces et le monitoring des équipements », a souligné Pierre Fonkenell, Directeur Pays de Neemba Sénégal, mettant en avant un modèle de partenariat de long terme fondé sur la proximité et l’accompagnement opérationnel.
Pour répondre à ces exigences, Neemba s’appuie notamment sur son Centre de reconditionnement de composants de Sangalkam, inauguré en 2024. Dotée d’une capacité de traitement de 500 composants majeurs par an, cette infrastructure contribue à prolonger la durée de vie des équipements, à réduire les temps d’arrêt et à diminuer jusqu’à 90 % l’empreinte carbone par rapport à la fabrication de composants neufs. Les machines sont également équipées de solutions numériques permettant le suivi à distance de leur état, de leur consommation et de leurs performances.
Pour SFTP Mining, présente au Sénégal, au Mali, en Guinée et en Côte d’Ivoire, cet investissement s’inscrit dans une stratégie régionale visant à accompagner les grands projets structurants. Son directeur, Yamadou Diallo, estime que le renforcement du parc matériel constitue un levier essentiel pour répondre à la forte demande en infrastructures et en services miniers en Afrique de l’Ouest.
Au-delà des équipements, cette opération met en lumière l’émergence d’un véritable écosystème industriel régional où constructeurs, distributeurs, entreprises minières et centres de maintenance développent des capacités locales pour soutenir la transformation du secteur extractif.
Dans un contexte où plusieurs pays ouest-africains accélèrent la valorisation de leurs ressources minières, la disponibilité d’équipements modernes et de compétences techniques apparaît désormais comme un facteur clé pour renforcer la compétitivité de l’industrie minière africaine.
TE/APA







