Du nord au sud de la Tunisie, la multiplication des épisodes de sécheresse et la raréfaction des ressources en eau contraignent les agriculteurs à modifier leurs pratiques, avec un retour aux semences locales, à l’irrigation économe et aux techniques traditionnelles de récupération de l’eau.
Les agriculteurs tunisiens sont confrontés à une pression croissante sur les ressources hydriques sous l’effet des sécheresses et du réchauffement climatique. Dans le sud du pays, notamment autour de Gabès, cette situation pousse de petites exploitations à rechercher des solutions permettant de réduire leur consommation d’eau et de maintenir leurs cultures dans un environnement de plus en plus aride, selon un reportage publié dimanche 16 août par RFI.
Parmi les stratégies adoptées figure le retour aux semences autochtones, considérées par certains exploitants comme mieux adaptées aux conditions climatiques locales. Dans des pépinières de Gabès, des agriculteurs échangent ainsi des variétés traditionnelles et partagent leurs méthodes de culture. Cette démarche vise à retrouver des pratiques agricoles progressivement abandonnées au profit de modèles nécessitant parfois davantage d’eau et d’intrants.
L’économie de la ressource devient également déterminante dans les zones les plus arides. À Menzel Habib, à environ 80 kilomètres de Gabès, des exploitations installées dans un environnement désertique recourent notamment à l’irrigation au goutte-à-goutte et à la récupération des eaux pluviales dans d’anciennes citernes. Certains agriculteurs estiment pouvoir couvrir de cette manière jusqu’à 75 % des besoins de leur exploitation de façon autonome.
Ces adaptations restent toutefois essentiellement locales face à un phénomène qui affecte l’ensemble du territoire tunisien. La diminution de la disponibilité en eau fragilise les rendements agricoles, renchérit potentiellement les coûts de production et pose la question de la viabilité de certaines cultures. Le secteur agricole se retrouve ainsi directement exposé à la modification du régime des précipitations et à l’augmentation des températures.
La situation est particulièrement sensible à Gabès, où le système oasien constitue un patrimoine agricole et écologique singulier. L’oasis littorale, l’une des rares de ce type dans le monde, dépend d’un équilibre hydrique désormais fragilisé par la raréfaction de la ressource.
Face à cette évolution, l’adaptation ne relève plus seulement d’expérimentations individuelles. La généralisation de techniques d’irrigation économes, la récupération des eaux de pluie, la préservation des semences adaptées à l’aridité et une gestion plus durable des ressources apparaissent comme des enjeux majeurs pour préserver l’agriculture tunisienne et la résilience des territoires ruraux.
MK/AK/Sf/APA







