Le président algérien défend une conception encadrée de la liberté d’expression, tout en critiquant les pratiques occidentales en matière de libertés publiques et de traitement des opinions politiques.
Le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé lors d’un entretien avec des médias nationaux que la liberté d’expression est «garantie dans notre pays», tout en soulignant qu’elle s’inscrit dans un cadre juridique visant à préserver la cohésion nationale. Il a insisté sur la distinction entre «idées exprimées par leurs auteurs» et «idées dictées par des parties dont le but est de semer la zizanie», selon ses termes rapportés par les médias publics.
Cette intervention s’inscrit dans un contexte où le chef de l’État a élargi son propos à la situation internationale, en évoquant des restrictions appliquées dans certains pays occidentaux à l’encontre de prises de position liées au conflit au Moyen-Orient ou à la guerre en Ukraine. Il a cité des cas de poursuites judiciaires visant des opinions exprimées sur les réseaux sociaux, estimant que ces pratiques interrogent la cohérence des discours sur les libertés publiques.
Dans le même temps, le président algérien a mis en avant le rôle de la justice nationale dans la régulation de la parole publique, rappelant que certaines limites sont fixées par la Constitution et la loi afin de protéger l’identité nationale et la stabilité sociale. Les autorités considèrent notamment comme sensibles les discours susceptibles de remettre en cause la cohésion interne ou de raviver des séquences historiques jugées conflictuelles.
Sur le plan institutionnel, cette approche s’appuie sur un cadre législatif qui encadre les infractions liées à la diffamation, à l’injure ou à l’atteinte à l’ordre public. Les juridictions sont présentées comme indépendantes dans l’application de ces dispositions, avec une appréciation au cas par cas selon la nature des faits et leur impact sur la société.
Cette position intervient dans un contexte marqué par des débats récurrents sur les équilibres entre libertés individuelles et impératifs de stabilité. Les autorités algériennes mettent en avant une lecture où la protection de l’unité nationale constitue un principe structurant de l’action publique, tandis que la critique des modèles étrangers s’inscrit dans une lecture plus large des rapports de souveraineté et de normes internationales en matière de droits et libertés.
MK/AK/Sf/APA







