Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a réaffirmé jeudi à Séoul que la sécurité de la mer Rouge devait relever des seuls Etats riverains, tout en durcissant le ton sur le dossier du Nil et en réitérant les positions égyptiennes sur Gaza.
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a défendu jeudi 8 octobre, lors de sa visite en Corée du Sud, une conception particulièrement stricte de la souveraineté des Etats riverains de la mer Rouge. Le Caire rejette toute initiative susceptible, selon lui, d’instaurer de nouveaux dispositifs d’accès à cette voie maritime stratégique sans l’accord des pays concernés. Une position qui traduit la volonté égyptienne de préserver son poids politique et sécuritaire dans un espace maritime directement lié au canal de Suez.
S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe avec le président sud-coréen Lee Jae-myung, Abdel Fattah Al-Sissi a estimé que «la responsabilité de la sécurité de la mer Rouge et de la gestion de ses affaires relève exclusivement de la responsabilité des Etats riverains». Le président égyptien cherche ainsi à consacrer un rôle central aux capitales de la région dans la définition des mécanismes de sécurité maritime, alors que les rivalités stratégiques se multiplient autour de cette importante route commerciale.
Cette doctrine dépasse toutefois la seule question maritime. Sur le Nil, le président égyptien a de nouveau qualifié l’eau de «question existentielle» pour l’Egypte, rappelant la dépendance du pays à l’égard du fleuve. Le Caire affirme soutenir le développement des Etats du bassin du Nil, tout en rejetant les initiatives unilatérales susceptibles de porter atteinte à ses intérêts hydriques. Cette formulation illustre la persistance d’une approche sécuritaire de la politique égyptienne de l’eau, notamment dans le contexte du différend avec l’Ethiopie autour du Grand barrage de la Renaissance ( GERD).
Le rapprochement récent entre l’Egypte, l’Erythrée, la Somalie et le Soudan renforce cette lecture régionale. Les quatre pays ont réaffirmé à Alamein leur opposition à toute action unilatérale susceptible d’affecter les usages de l’eau par les Etats situés en aval. Le Caire tente ainsi de consolider un environnement diplomatique favorable à ses positions sur le Nil, tout en renforçant ses relais sur les façades maritime et stratégique de la Corne de l’Afrique.
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