Le président algérien Abdelmadjid Tebboune durcit le ton contre les acteurs de la distribution, accusés d’alimenter la hausse des prix, alors que les tensions sur les produits de première nécessité révèlent aussi les fragilités de l’offre et de l’organisation des marchés.
Le chef de l’État algérien Abdelmadjid Tebboune a consacré une large partie de son entretien périodique avec la presse nationale, diffusé le 3 octobre, à la hausse des prix des produits de grande consommation. Il a particulièrement ciblé les «intermédiaires», qu’il accuse de profiter de la situation pour accroître leurs marges et qualifie de «parasites», allant jusqu’à considérer certaines pratiques comme un «crime contre le peuple».
Cette offensive présidentielle intervient alors que plusieurs produits alimentaires connaissent des niveaux de prix élevés. Le kilo de tomates est notamment cité autour de 150 dinars, soit plus du double de son niveau habituel, selon les éléments communiqués lors de l’entretien. Le gouvernement a également fixé à 90 dinars le prix de vente au détail du kilogramme de pommes de terre, avec l’objectif affiché de contenir la pression exercée sur le pouvoir d’achat.
La lecture présidentielle privilégie ainsi la piste de la spéculation et des marges excessives dans les circuits de distribution. Tebboune a annoncé une intervention accrue de l’État «entre la production et la consommation», promettant une baisse rapide des prix. Cette réponse traduit une nouvelle fois la forte place accordée à la régulation administrative dans la gestion des marchés algériens, avec le risque de traiter les symptômes davantage que les causes structurelles de la hausse.
Les difficultés d’approvisionnement agricole constituent pourtant un autre élément du problème. La production de certains fruits et légumes aurait été affectée par les incendies enregistrés durant l’été, réduisant l’offre disponible sur certains marchés. Cette situation rappelle les fragilités persistantes d’un système alimentaire fortement dépendant de l’intervention publique, alors même que les autorités cherchent depuis plusieurs années à renforcer la production nationale et à réduire la dépendance aux importations.
En promettant que «les prix baisseront dès demain», Tebboune engage directement la responsabilité de son gouvernement sur une question particulièrement sensible pour les ménages. Une telle promesse expose toutefois la politique économique algérienne à une difficulté récurrente : contrôler administrativement les prix peut produire un effet immédiat, sans nécessairement résoudre les problèmes de production, de stockage, de transport et de distribution.
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