Une rencontre organisée le 23 avril 2026 à Bamako a réuni autorités publiques et responsables religieux autour de la prévention de la radicalisation des enfants talibés, dans un contexte sécuritaire fragile marqué également par des échanges sur la régulation des discours religieux et la gestion des tensions au sein de l’espace confessionnel.
Placée sous la présidence du ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné, la deuxième session du cadre de concertation entre l’État malien et les confessions religieuses s’inscrit dans une dynamique de dialogue structuré. Initiée par le ministère, cette plateforme vise à instaurer un échange régulier avec les leaders religieux afin d’aborder conjointement les défis sociaux, éducatifs et sécuritaires, tout en consolidant la cohésion nationale.
Au cœur des travaux, la situation des talibés — élèves des écoles coraniques, souvent non formelles — a suscité une attention particulière. Faute de données statistiques fiables, leur nombre reste difficile à estimer. Toutefois, de nombreux intervenants ont souligné leur exposition à des facteurs de vulnérabilité persistants : mendicité, précarité, insuffisance de suivi pédagogique et absence de cadre structuré. Ces conditions peuvent, dans certains cas, favoriser des formes de marginalisation propices aux influences extrémistes.
Face à ces constats, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’encadrement et de protection. Cela passe notamment par une meilleure articulation entre les structures religieuses, les services sociaux et le système éducatif formel. L’idée d’un recensement national et d’une cartographie des écoles coraniques a également été évoquée comme préalable à toute politique publique efficace.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme adoptée en 2018. Celle-ci repose sur une approche globale combinant prévention, protection et renforcement de la cohésion sociale. Dans ce dispositif, les leaders religieux jouent un rôle clé en tant que vecteurs de sensibilisation, de médiation et de diffusion de messages de tolérance et de modération.
Dans un pays confronté à l’activisme de groupes armés dans plusieurs régions, les autorités entendent ainsi s’appuyer davantage sur les acteurs religieux comme relais de stabilité et de résilience communautaire. Les échanges engagés lors de cette rencontre visent à dégager des orientations consensuelles, capables d’être déclinées au niveau local et de renforcer, à terme, le tissu social face aux risques de radicalisation.
MD/te/Sf/APA







