L’envoyée spéciale des Nations Unies en Libye, Hanna Tetteh, a averti mardi devant le Conseil de sécurité que la Mission d’appui de l’ONU en Libye (MANUL) pourrait adopter une « approche différente » si la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État (HCS) échouaient à s’entendre sur le cadre juridique des élections nationales.
La responsable onusienne a indiqué que la MANUL restait en contact avec les deux chambres pour parvenir à un consensus sur la Haute Commission électorale nationale (HNEC) et sur le dispositif constitutionnel encadrant les scrutins présidentiel et parlementaire.
« Si aucun accord n’est trouvé, la MANUL sollicitera le soutien du Conseil de sécurité afin d’adopter une voie alternative pour faire progresser la transition politique », a prévenu Mme Tetteh.
La cheffe de la MANUL a précisé que la mission finalisait les préparatifs d’un dialogue national structuré, prévu en novembre, réunissant les différentes composantes de la société libyenne autour de quatre axes : gouvernance, économie, sécurité et réconciliation nationale.
« L’objectif est d’assurer une participation inclusive reflétant la diversité sociale, géographique et linguistique du pays », a-t-elle ajouté, soulignant la nécessité d’un appui international et régional fort pour garantir des « résultats tangibles ».
Dans son exposé au Conseil, Mme Tetteh a rappelé que la feuille de route politique lancée par la MANUL en août visait à unifier les institutions de l’État et à restaurer leur légitimité à travers des élections libres. Elle a informé que le comité mixte des deux chambres était parvenu le 4 octobre à un accord sur la composition du Conseil d’administration de la HNEC, approuvé par les présidents Aqila Saleh et Mohammed Takala. Toutefois, les discussions sur les amendements constitutionnels et légaux demeurent bloquées, « faute de volonté politique suffisante ».
L’émissaire onusienne a exhorté les responsables libyens à « accélérer les travaux » et à respecter les premières étapes de la feuille de route d’ici la fin du mois. Elle a également annoncé que la MANUL lancerait sous peu un appel à candidatures pour la participation au dialogue national, espérant relancer un processus politique « aujourd’hui à l’arrêt ».
Contexte : Depuis l’échec des élections prévues en décembre 2021, la Libye demeure divisée entre deux gouvernements rivaux, à l’Est et à l’Ouest. La communauté internationale presse les institutions libyennes d’adopter une base constitutionnelle unique afin de permettre la tenue de scrutins avant la fin de 2025.
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