Une attaque à la roquette visant une zone civile d’Es-Smara, dans le Sahara marocain, a suscité, en moins de 48 heures, une série de réactions fermes de l’ONU, de l’Union européenne et de plusieurs puissances occidentales.
La communauté internationale a rapidement réagi après des tirs survenus le 5 mai aux abords de la prison d’Es-Smara, qui ont fait une blessée civile, selon des sources locales. Les déclarations officielles émanent notamment du porte-parole du Secrétaire général des Nations unies, de l’ambassadeur de l’Union européenne au Maroc et de plusieurs missions diplomatiques accréditées auprès de l’ONU.
L’incident intervient dans un contexte marqué par la relance des efforts diplomatiques autour du dossier du Sahara, après l’adoption de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité.
Dans ce cadre, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a relayé la position de l’envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan De Mistura, indiquant que ce dernier « soutient et partage les préoccupations exprimées par la MINURSO » concernant des tirs ayant visé des zones civiles. Le responsable onusien a insisté sur la nécessité d’un retour au dialogue, estimant que « c’est le moment du dialogue et des négociations, et non celui d’une escalade militaire ».
Une position également reprise par l’Union européenne. Sur le réseau X, l’ambassadeur Dimiter Tzantchev a affirmé que « la récente attaque contre Smara doit être condamnée », appelant à des négociations « conformément à la résolution 2797 (2025) », sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc.
Cette position a été renforcée par les réactions de membres permanents du Conseil de sécurité. La mission française auprès de l’ONU a condamné « l’attaque revendiquée par le Front Polisario contre la ville d’Es-Smara », estimant qu’elle « menace la stabilité régionale » et compromet le processus politique en cours. Paris considère que l’initiative marocaine d’autonomie constitue « la seule base » permettant d’aboutir à une solution durable.
De son côté, la mission américaine auprès de l’ONU a également dénoncé des actes « incompatibles avec l’esprit des récentes discussions », appelant à mettre fin à un conflit qualifié de « vieux de 50 ans ».
Sur le terrain, les autorités locales ont signalé deux déflagrations à proximité de l’établissement pénitentiaire. Une femme blessée a été évacuée vers un hôpital provincial. Les services de sécurité ont été déployés afin de sécuriser la zone et d’ouvrir une enquête sur l’origine des tirs.
Le Front Polisario a revendiqué l’opération dans un communiqué, affirmant avoir visé des cibles militaires, une version contredite par les premiers éléments disponibles, qui font état d’impacts dans une zone civile.
L’enchaînement de ces réactions diplomatiques illustre un resserrement du consensus international en faveur d’une désescalade et d’un retour au processus politique, alors que les incidents sécuritaires fragilisent les efforts menés sous l’égide des Nations unies.
MK/AK/te/APA





