Le Burkina Faso a accueilli, le 28 mars 2026, une délégation de l’École de commandement et d’état-major de la République Unie de Tanzanie pour un séjour d’études axé sur le renforcement de la coopération militaire et le partage d’expériences en matière de sécurité.
Conduite par le Général de division Steven Justice Mnkande, commandant de l’institution tanzanienne, une mission militaire tanzanienne au Burkina s’inscrit dans la formation des stagiaires du Cours 40/25, notamment dans le cadre du module consacré aux « tendances en matière de sécurité internationale : défis et opportunités pour les pays africains ».
Selon les autorités militaires burkinabè, cette immersion complète les enseignements théoriques dispensés en amphithéâtre par une expérience pratique sur le terrain.
« Ils ont reçu le cours théorique et ont souhaité venir au Burkina Faso pour renforcer, de manière concrète, leurs acquis », a expliqué le lieutenant-colonel Clément Daïla, directeur de l’École d’état-major du Burkina Faso.
Au cours de leur séjour, les officiers tanzaniens ont participé à diverses activités, incluant des échanges stratégiques, institutionnels, académiques et culturels. Ces interactions ont permis d’aborder en profondeur les enjeux sécuritaires du continent africain, notamment la lutte contre le terrorisme et l’évolution des menaces asymétriques.
Dans ce cadre, une conférence a été animée par le Général de brigade Aimé Barthélemy Simporé, directeur général du Centre national d’études stratégiques, sur le rôle des institutions socioéconomiques face aux défis internationaux de sécurité. Il a souligné l’importance de la coopération dans la défense des intérêts nationaux : « La coopération fait partie de nos intérêts nationaux. Aucun pays ne peut vivre en autarcie ».
Pour le Général de division Steven Justice Mnkande, cette visite représente une opportunité d’apprentissage mutuel.
« Nous sommes venus échanger avec les autorités burkinabè pour comparer nos méthodes et tirer des enseignements. L’objectif est d’améliorer nos capacités de défense respectives », a-t-il déclaré, soulignant le caractère stratégique du choix du Burkina Faso, confronté à des défis sécuritaires majeurs.
Les stagiaires ont également tiré des enseignements opérationnels de cette immersion. Le lieutenant-colonel Rudolphe Venter a insisté sur la nécessité d’une approche globale dans la lutte contre le terrorisme : « Nos stratégies doivent être multidimensionnelles. L’aspect militaire seul ne suffit pas ; il faut intégrer les dimensions économiques, sociales et institutionnelles ».
Cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large de mutualisation des compétences entre institutions militaires africaines. Elle vise à favoriser le partage d’expériences en matière de formation des cadres, l’analyse des enjeux sécuritaires régionaux et le développement de stratégies communes face aux menaces transnationales.
Des perspectives concrètes de coopération ont été évoquées, notamment la mise en place d’échanges de stagiaires entre l’Institut d’enseignement militaire supérieur Général-Tiéfo Amoro du Burkina Faso et l’École d’état-major de Tanzanie, une initiative qui devrait renforcer durablement les capacités opérationnelles des deux armées.
La délégation tanzanienne, composée d’une partie des 83 stagiaires de la promotion – les autres étant en mission d’études en Égypte et en Afrique du Sud – poursuivra son séjour au Burkina Faso jusqu’au 4 avril 2026, avec au programme des visites institutionnelles et des activités culturelles.
À travers cette immersion, Ouagadougou et Dar es Salaam réaffirment leur volonté commune de bâtir une coopération militaire panafricaine solide, fondée sur le partage d’expertise et la solidarité face aux défis sécuritaires du continent.
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