Au Sénégal, alors qu’une grève des transporteurs perturbe fortement les déplacements depuis le 30 mars 2026, l’État déploie un dispositif exceptionnel pour faciliter les voyages des citoyens à l’occasion de Pâques.
Le dispositif de facilitation de la circulation à l’occasion des fêtes de Pâques concerne cinq villes de l’intérieur du Sénégal. À Dakar, la société de transport public Dakar Dem Dikk a organisé plusieurs points de départ, rapidement pris d’assaut ce vendredi matin. La forte affluence s’explique par la proximité des fêtes : Pâques sera célébrée le 5 avril, tandis que la fête nationale de l’indépendance, cette année à Thiès, située à environ 70 km de Dakar, aura lieu le 4 avril.
Jeudi soir, lors d’une réunion avec les ministres des Transports, Yankhoba Diémé, des Forces armées, Birame Diop, et de l’Intérieur, Bamba Cissé, le Premier ministre Ousmane Sonko a assuré que l’État prendrait toutes les mesures nécessaires pour garantir la circulation des voyageurs. Il a par ailleurs dénoncé le blocage volontaire des véhicules par certains chauffeurs qui ne respectaient pas le mot d’ordre de grève.
Ce vendredi, à la gare routière des Baux Maraîchers à Dakar, le ministre Yankhoba Diémé a de nouveau critiqué le choix des transporteurs de déclencher la grève à la veille de Pâques et de la fête de l’indépendance, deux dates cruciales pour les déplacements. Il a annoncé la mobilisation des bus de Dakar Dem Dikk ainsi que des bus interurbains n’ayant pas participé à la grève, afin d’assurer des navettes vers l’intérieur du pays et de limiter les perturbations.
« Nous sommes à la veille de Pâques, qui est la fête la plus importante, ou l’une des plus importantes, de la communauté chrétienne, comparable à la Tabaski, à la Korité, ou encore à d’autres grandes célébrations religieuses comme le Magal ou le Gamou. Je pensais qu’un sursaut de lucidité allait toucher chacun de nous, de sorte qu’au moins, le mot d’ordre soit suspendu », a déclaré le ministre.
Il s’exprimait à l’issue de sa visite à la gare routière des « Baux maraîchers », après avoir lancé une opération spéciale visant à faciliter le retour des populations dans leurs localités d’origine pour célébrer Pâques.
M. Diémé a expliqué que cette initiative lui est venue après avoir informé le gouverneur de Dakar jeudi, à l’issue d’une réunion en présence du Premier ministre, du ministre de l’Intérieur et du ministre des Forces armées.
Cette mesure exceptionnelle illustre la volonté de l’État de préserver la mobilité des citoyens lors des grandes célébrations religieuses et nationales, malgré les tensions dans le secteur du transport.
Depuis le lundi 30 mars 2026, le secteur du transport urbain au Sénégal est fortement perturbé par une grève de trois jours lancée par quatorze syndicats de transporteurs. Initialement prévue pour s’achever le 1er avril, cette grève a été prolongée de 72 heures, provoquant déjà d’importantes difficultés de circulation dans plusieurs grandes agglomérations.
Parmi les organisations engagées dans ce mouvement figure notamment le Syndicat des transports routiers du Sénégal. Les syndicats dénoncent des dysfonctionnements majeurs dans la gestion du secteur et revendiquent des mesures d’ordre juridique et institutionnel.
Ils reprochent notamment aux autorités de refuser de reconnaître officiellement une entité syndicale créée le 16 février 2026, interprétant cette décision comme une volonté de fragiliser leur organisation et de contester sa légitimité.
Les professionnels du transport dénoncent également des pratiques qu’ils assimilent à du « harcèlement » et de la « corruption » sur les axes routiers. Ils exigent l’application effective des accords déjà conclus, notamment la réduction des points de contrôle, engagements qu’ils estiment non respectés.
De manière plus générale, les syndicats critiquent le manque de rigueur dans les échanges avec les autorités et le non-respect des procédures établies, des conditions qui, selon eux, entravent tout dialogue constructif.
TE/Sf/APA







