Le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité a suspendu, pour une durée de trois mois, l’association As Salam et la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso (CJMB), invoquant respectivement des activités non conformes à leur objet social et des troubles à l’ordre public.
Les autorités burkinabè ont prononcé la suspension temporaire de deux organisations de la société civile islamique, selon deux arrêtés signés le 9 juin par le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo.
La première mesure vise l’association As Salam, reconnue officiellement depuis le 10 septembre 2022. Selon l’arrêté ministériel, la structure est suspendue pour une période de trois mois en raison d’« activités non conformes à son objet ». Le texte précise que le secrétaire général du ministère est chargé de l’exécution de cette décision.
La seconde sanction concerne la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso (CJMB), association reconnue depuis le 16 octobre 2019. Dans son cas, le ministère évoque des « faits de troubles à l’ordre public » pour justifier la suspension de ses activités durant la même période.
Actives dans les domaines social, humanitaire et éducatif, les deux organisations figurent parmi les structures islamiques les plus visibles du pays. Elles sont notamment connues pour leurs actions de solidarité en faveur des populations vulnérables, l’organisation de formations et de séminaires, ainsi que leur participation à diverses initiatives communautaires.
Les arrêtés ne fournissent toutefois aucun détail supplémentaire sur les faits reprochés aux deux associations.
Durant les trois prochains mois, les activités officielles des deux organisations devront être interrompues sur l’ensemble du territoire national, conformément aux décisions administratives prises par les autorités.
Cette mesure intervient dans un contexte marqué par un renforcement du contrôle des organisations associatives et confessionnelles. Les pouvoirs publics mettent en avant les impératifs de préservation de l’ordre public et de respect des objectifs déclarés des associations légalement reconnues au Burkina Faso.
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