La Conférence épiscopale du Tchad (CET) appelle à la prudence dans le processus de révision du code agro-pastoral, demandant le sursis à la relecture envisagée.
Dans une lettre adressée au président du Sénat, Dr Haroun Kabadi, le président de la CET, Mgr Martin Waïngué Bani, évêque de Doba, demande la suspension de l’examen du texte portant code agro-pastoral, en raison de ses enjeux pour la cohésion sociale.
Dans son courrier, Mgr Martin Waïngué Bani fait part de l’« attention » et de l’« inquiétude » des évêques face au processus de « relecture » du code agro-pastoral. Cette révision a notamment été marquée par la tenue d’ateliers zonaux, suivis d’un atelier national organisé en juin 2026.
Le président de la CET rappelle que ce texte avait déjà suscité des réserves par le passé. En 2014, plusieurs députés avaient introduit un recours alors que la loi adoptée par l’Assemblée nationale n’avait finalement pas été promulguée par le chef de l’État de l’époque.
Pour l’Église catholique, la question revêt une importance particulière en raison de son impact potentiel sur les relations entre agriculteurs et éleveurs. Dans un contexte où les tensions liées à l’accès aux terres et aux ressources peuvent fragiliser le vivre-ensemble, la Conférence épiscopale estime que toute évolution du cadre juridique doit faire l’objet d’une attention particulière.
C’est dans cette perspective que Mgr Waïngué Bani demande, au nom de la CET, au président du Sénat de « surseoir » à l’examen de la proposition ou du projet de loi, dans l’hypothèse où celui-ci venait à être officiellement soumis au Parlement.
Dans sa conclusion, l’évêque de Doba dit compter sur le sens des responsabilités du président du Sénat, qu’il présente comme un représentant du peuple. Une demande qui traduit la volonté de l’Église catholique de voir les autorités privilégier le dialogue et la concertation autour d’un texte aux conséquences potentiellement importantes pour la paix sociale et la cohabitation entre communautés au Tchad.
CA/te/Sf/APA





