Un cycle de pourparlers soutenu par les Nations unies s’est achevé après cinq jours de discussions en Libye, sans percée décisive mais avec l’ambition affichée de lever les blocages institutionnels qui paralysent le processus électoral .
Un volet consacré à la gouvernance, conduit sous l’égide de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye, a clôturé cinq jours de pourparlers dans le cadre du « dialogue structuré » visant à sortir la Libye de l’impasse électorale.
Les échanges ont porté principalement sur les obstacles persistants à l’organisation d’élections nationales, en particulier l’absence de consensus sur le cadre juridique et le blocage entourant la finalisation du conseil de la Haute Commission électorale nationale, selon un communiqué de la mission onusienne.
Les participants ont examiné plusieurs options pratiques et formulé des recommandations destinées à alimenter les prochaines étapes du processus. Ces conclusions doivent être présentées au Conseil de sécurité des Nations Unies par la Représentante spéciale de l’ONU pour la Libye, Hanna Tetteh, appelée à rendre compte d’un dialogue décrit comme « libyen-libyen ». Un qualificatif récurrent dans la communication onusienne, mais qui peine à masquer le poids déterminant des médiations et arbitrages internationaux.
Selon Hanna Tetteh, l’objectif de ces discussions était de permettre aux acteurs libyens de produire des recommandations concrètes pour l’avenir politique du pays. Les débats ont notamment porté sur les lois électorales existantes, en particulier celles élaborées par le controversé comité dit « 6+6 », ainsi que sur les propositions émanant d’un comité consultatif.
L’accent a été mis sur la compréhension des garanties et des craintes qui sous-tendent ces textes, dans l’espoir de réduire des divisions politiques profondément enracinées.
Le dernier jour des pourparlers a été marqué par une rencontre entre les participants, la Représentante spéciale de l’ONU et les membres du Groupe de travail politique du Processus de Berlin. Des recommandations clés ont été présentées à cette occasion, suivies d’échanges avec des diplomates internationaux qui ont réaffirmé leur soutien à une feuille de route « facilitée par l’ONU ». Une formule prudente, révélatrice des limites d’un processus où l’accompagnement extérieur reste indispensable faute de compromis interne solide.
L’ONU insiste sur le fait que le dialogue structuré ne vise pas à désigner un nouveau gouvernement, mais à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles et à traiter les défis connexes en matière de gouvernance, d’économie et de sécurité. Les discussions devraient reprendre en mars, sans calendrier précis pour une sortie de crise.
Dans un pays où les initiatives de dialogue se succèdent sans débouché électoral concret depuis plusieurs années, ce nouveau cycle illustre à la fois la persistance de l’effort international et son efficacité limitée. Faute d’accord politique clair et contraignant entre les acteurs libyens eux-mêmes, les pourparlers risquent de s’ajouter à une longue liste de processus consultatifs, sans garantir que l’impasse électorale soit enfin levée.
MK/AK/Sf/APA







