Le taux de participation provisoire aux élections législatives algériennes s’est établi à 20,79%, selon l’Autorité nationale indépendante des élections, un niveau inférieur à celui enregistré lors du précédent scrutin de 2021 et qui pourrait constituer un plus bas historique.
L’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi que le taux de participation provisoire aux élections législatives en Algérie avait atteint 20,79%, un niveau qui, s’il est confirmé après le décompte définitif, constituerait le plus faible enregistré depuis l’instauration du multipartisme dans le pays.
« Ces chiffres sont provisoires » et « vont sûrement changer et bouger », a déclaré Karim Khelfane, président par intérim de l’Anie, lors d’une intervention diffusée sur la page Facebook de l’institution. Face à une mobilisation jugée limitée, les autorités avaient prolongé d’une heure les opérations de vote sur l’ensemble du territoire afin de permettre aux électeurs d’exercer leur droit de vote.
Près de 25 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour renouveler les 407 membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour un mandat de cinq ans. Les partis traditionnellement proches du pouvoir, notamment le Front de libération nationale (FLN), apparaissent favoris pour conserver leur position dominante au sein de la future chambre basse du Parlement. Les résultats officiels sont attendus dans les prochains jours.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte marqué par une faible animation de la campagne électorale et par des controverses autour de l’invalidation d’environ un tiers des listes de candidats, plusieurs formations politiques dénonçant leur exclusion dans certaines circonscriptions, notamment à Alger. Dans la capitale, plusieurs bureaux de vote sont restés peu fréquentés durant la journée, selon des observations de journalistes de l’AFP.
Le président Abdelmadjid Tebboune, cité par l’agence officielle APS, a estimé que les élections se déroulaient dans de bonnes conditions. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a appelé les citoyens à se rendre « en force » aux urnes, sans commenter le niveau de participation, selon le site d’information TSA.
Lors des précédentes législatives organisées en 2021, le taux de participation officiel s’était établi à 23%, déjà considéré comme le plus faible de l’histoire du pays. Ce scrutin intervenait dans le prolongement du mouvement populaire du Hirak, déclenché en 2019, qui avait conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika. Depuis, plusieurs organisations de défense des droits humains estiment que l’espace public s’est progressivement refermé, tandis que les autorités mettent en avant la stabilité institutionnelle et la poursuite des réformes engagées sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune.
MK/AK/Sf/APA







