Les Égyptiens de l’étranger ont entamé jeudi le second tour des élections législatives 2025 dans 30 circonscriptions dont les résultats avaient été annulés, un épisode électoral exceptionnel qui met en lumière les fragilités persistantes du processus électoral.
Les ressortissants égyptiens résidant à l’étranger ont été appelés aux urnes les 31 décembre et 1er janvier pour participer au second tour des élections législatives réorganisées dans 30 circonscriptions de la première phase, après l’annulation des résultats initiaux par la justice administrative. Le scrutin sur le territoire national est, lui, programmé les 3 et 4 janvier, tandis que l’annonce des résultats définitifs est attendue le 10 janvier, selon le calendrier officiel de l’Autorité nationale des élections.
Cette reprise du vote fait suite à une décision de la Cour administrative suprême, qui a invalidé les résultats dans 30 circonscriptions, s’ajoutant aux 19 autres annulées directement par l’Autorité nationale des élections. Au total, 49 circonscriptions ont ainsi été concernées par des annulations lors de la première phase du scrutin, un niveau inédit dans l’histoire électorale récente du pays. Ces circonscriptions couvrent dix gouvernorats et mettent en compétition 98 candidats pour 49 sièges à la Chambre des représentants.
Le premier tour de ces élections partielles s’était tenu à l’étranger les 8 et 9 décembre, puis sur le territoire national les 10 et 11 décembre. La multiplication des contentieux et des décisions d’annulation a eu pour effet de prolonger sensiblement le calendrier électoral, repoussant certaines opérations de vote au-delà des échéances initialement prévues et compliquant la lisibilité du processus pour les électeurs.
Face à cette situation, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé l’Autorité nationale des élections à garantir la régularité du scrutin et à ouvrir des enquêtes sur les incidents signalés lors des phases précédentes. Cet appel, largement relayé par les médias publics, vise à contenir les critiques récurrentes sur la crédibilité du processus électoral et à rassurer sur le respect des règles de transparence et d’équité.
Au-delà de l’aspect procédural, ces élections législatives de 2025 interviennent dans un contexte institutionnel contraint. L’actuelle Chambre des représentants, élue fin 2020, arrive au terme de son mandat de cinq ans en janvier 2026. Conformément à la Constitution, l’élection d’une nouvelle chambre doit se tenir dans les 60 jours précédant l’expiration de ce mandat. La succession d’annulations et de reports accentue ainsi la pression sur les autorités électorales, tout en alimentant le débat sur l’efficacité des mécanismes de contrôle et de règlement des litiges électoraux en Égypte.
MK/AK/Sf/APA







