À un mois des élections législatives, la scène politique égyptienne se reconfigure autour de trois grandes coalitions cherchant à s’imposer dans une course dominée par les alliances électorales.
La Liste nationale pour l’Égypte, emmenée par le parti Avenir de la Nation et le parti Wafd, s’affirme comme le principal bloc en lice aux législatives de novembre en Egypte. Forte de son ancrage territorial et de son expérience des sénatoriales, cette coalition ambitionne de conserver une majorité parlementaire. Ses dirigeants la présentent comme « un front d’unité nationale face aux défis actuels », selon Sayed Abdel-Aal, président du parti Tagammoe.
Face à elle, l’Entente nationale des partis égyptiens initiée par le Parti démocrate Al-Guil, regroupe des formations civiles et sociales comme Ennahda, Réforme et Développement ou Tahia Masr. Son président, Nagui Al-Shehabi, affirme vouloir « offrir une alternative crédible et ouverte à tous les acteurs politiques souhaitant coopérer ». Plus modeste, cette alliance vise à renforcer la représentation des partis exclus de la coalition dominante.
Le Mouvement démocratique civil, composé d’opposants indépendants et de partis non alignés, prépare également des candidatures pour les sièges individuels. Il espère bénéficier d’un électorat en quête de renouvellement, malgré les contraintes logistiques et politiques pesant sur la compétition.
Selon Ayman Abdel-Wahab, directeur du Centre d’études politiques d’Al-Ahram, ces alliances traduisent un « pluralisme encadré », où la stabilité prime sur la confrontation politique. Le système électoral mixte — combinant listes fermées et sièges individuels — favorise la concentration des forces au détriment des indépendants, tout en maintenant une représentation limitée de l’opposition.
L’Autorité nationale des élections a fixé le dépôt des candidatures du 8 au 15 octobre. Le scrutin se déroulera en deux phases : la première les 10 et 11 novembre dans 14 gouvernorats, la seconde les 24 et 25 novembre dans les 13 autres. Les résultats définitifs seront connus à la mi-décembre, après les seconds tours prévus début et mi-décembre pour les deux séquences électorales.
La Chambre des représentants compte 596 membres, dont 284 élus au scrutin de liste fermée, 284 au scrutin uninominal et 28 nommés par le président. Ce système, jugé complexe par les observateurs, tend à consolider les grands blocs politiques tout en maintenant un équilibre entre continuité institutionnelle et ouverture contrôlée du champ partisan.
MK/Sf/APA






