La justice égyptienne a levé l’interdiction de voyage frappant le militant égypto-britannique Alaa Abdel-Fattah, figure emblématique du soulèvement de 2011, trois mois après sa grâce présidentielle.
La justice en Égypte a levé l’interdiction de voyage visant le militant des droits humains Alaa Abdel-Fattah, a annoncé son avocat. La décision, approuvée par le procureur général, intervient près de trois mois après la grâce accordée au militant en septembre par le président Abdel Fattah al-Sissi, selon la même source.
« Le procureur général a approuvé la levée du nom d’Alaa Abdel-Fattah des listes d’interdiction de voyage, sur la base d’une demande déposée de notre part », a déclaré son conseil. Cette mesure met fin à une restriction qui empêchait le militant de quitter le territoire égyptien malgré sa libération récente, après plusieurs années de détention.
Âgé de 44 ans, Alaa Abdel-Fattah est l’une des figures les plus connues du soulèvement de 2011 qui avait conduit à la chute du président Hosni Moubarak. Il a passé la majeure partie de la dernière décennie en prison, dans un contexte de durcissement de l’espace politique et de poursuites judiciaires visant des militants, journalistes et opposants.
Arrêté pour la dernière fois en 2019, il avait été condamné en 2021 à cinq ans de prison pour « diffusion de fausses informations », après la publication sur les réseaux sociaux d’un message évoquant des violences policières. Deux mois avant sa libération, un tribunal du Caire avait ordonné son retrait de la liste des personnes soupçonnées de terrorisme, estimant qu’il n’entretenait plus de liens avec les Frères musulmans, mouvement interdit en Égypte.
Selon des proches, la levée de l’interdiction de voyage était devenue un enjeu central après que son départ vers le Royaume-Uni eut été interrompu, il y a environ un mois, à l’aéroport du Caire. Le militant, qui possède la nationalité britannique, devait notamment se rendre à l’étranger pour recevoir le prix Magnitsky, attribué conjointement à lui et à sa mère, Laila Soueif, mathématicienne et figure de la gauche intellectuelle égyptienne.
La décision judiciaire a été accueillie comme une étape supplémentaire dans le processus de normalisation de sa situation juridique, bien que des organisations de défense des droits humains continuent de suivre de près l’évolution de son cas et, plus largement, la situation des libertés publiques en Égypte. Pour ses soutiens, la levée de l’interdiction de voyage ouvre désormais la voie à un possible départ du pays, après des années de détention et de restrictions.
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