Romuald Wadagni a choisi d’ouvrir sa campagne présidentielle dans le Nord du Bénin, en enchaînant, le 27 mars 2026, trois étapes à Kandi, Banikoara et Ségbana. Une journée menée au pas de course dans l’Alibori, où le candidat a alterné prises de parole et échanges directs.
À Kandi, première étape de la campagne de Romuald Wadagni, le candidat entre rapidement dans le vif des préoccupations locales. Dans cette zone où l’activité agricole structure largement le quotidien, il déroule ses priorités en s’adressant directement aux producteurs.
Le ton est posé, les mesures énumérées sans détour : rendre le travail moins pénible en amplifiant la mécanisation, augmenter la production avec plus d’accès aux semences, plus d’irrigation et plus d’accès aux marchés, et permettre aussi aux agriculteurs d’avoir une retraite.
Sur place, certains y voient des réponses attendues de longue date. « Si on a vraiment plus de moyens et moins de pénibilité, beaucoup de jeunes vont rester ici au lieu de partir », confie Moussa, 26 ans, rencontré à la sortie du meeting.
Mobiliser les jeunes
À mesure que la tournée progresse vers Banikoara, le registre évolue tout en restant fidèle à la vision du candidat. Le discours s’oriente vers un appel plus direct à la participation électorale, véritable condition de mise en œuvre du projet de société annoncé.
Face à une assistance en grande partie composée de jeunes, Romuald Wadagni insiste sur la portée du scrutin. « Sortir voter, ce n’est pas qu’exercer un droit, c’est une manière d’envoyer un message, c’est une manière de dire à vos dirigeants que vous croyez en eux », lance-t-il.
Il insiste sur ce devoir citoyen : « Soyez nombreux à voter pour notre duo le 12 avril. C’est avec votre confiance que nous pourrons aller plus loin dans le développement. »
Dans l’assistance, les jeunes sont sensibles à cette volonté du candidat d’obtenir leur confiance. « Nous, les jeunes, on veut voir des changements concrets. Aller voter, c’est aussi une façon de se faire entendre, c’est vrai », explique Aïcha, jeune femme de Banikoara.

Sécurité et marchés frontaliers
Dernière étape de la journée, Ségbana concentre des enjeux spécifiques liés à sa position frontalière. Le ton se veut rassurant, le candidat joue à fond la carte de la riposte militaro-sociale au contact d’une population directement exposée aux questions de sécurité.
« Il n’y aura aucun citoyen qu’on va laisser dans la peur », affirme Romuald Wadagni, avant de détailler l’approche défendue : « La sécurité est une question majeure. C’est une préoccupation quotidienne pour nous. Il faut investir pour moderniser les équipements de l’armée et développer les polices de proximité. Chacun doit sentir la présence de l’État pour le protéger. »
Dans le prolongement, il aborde la question de l’ouverture économique de la zone : « Je suis venu récemment pour travailler à l’ouverture de la frontière de Ségbana avec le Nigéria. Je veux que Ségbana soit un grand portail vers le nord du Nigéria. »
Situées à proximité des frontières du Niger, du Burkina Faso et du Nigéria, plusieurs villes du Nord occupent en effet une position clé dans les échanges sous-régionaux. Le candidat y voit des points d’appui pour structurer des pôles d’activités à vocation commerciale et logistique.
« Il faut aller plus vite sur les routes, les hôpitaux, les écoles »
Mais sur place, les attentes restent immédiates. « Il faut aller plus vite sur les routes, les hôpitaux, les écoles », reconnaît-il, tout en se disant « conscient des problèmes du foncier ».
Il conclut en évoquant les conditions de vie des acteurs locaux : « Poursuivre les investissements pour que le travail de la terre se fasse dans de meilleures conditions et qu’il se vende au juste prix ; offrir une protection sociale aux paysans, aux éleveurs et aux femmes des marchés. »
Dans le marché de Ségbana, ces annonces sont suivies avec attention.
« Nous travaillons beaucoup, mais il faut plus de soutien et de sécurité pour nos activités », souligne Mariam, vendeuse de produits vivriers. Elle ajoute : « Le candidat connaît bien nos problèmes. J’espère qu’il mettra en place les solutions qu’il propose. »
Au fil de cette journée dense, une ligne se dégage : une campagne qui s’installe dans les territoires, au plus près des préoccupations exprimées, et qui articule sécurité, conditions de vie et participation électorale. Dans l’Alibori, Romuald Wadagni a ainsi posé, étape après étape, les premiers repères de son entrée en campagne.
AP/Sf/APA





