Face à un chantier de reconstruction évalué à 216 milliards de dollars, le président syrien Ahmad Al-Chareh a affirmé que les entreprises égyptiennes seraient des partenaires prioritaires, misant sur leur expertise pour relancer l’économie et moderniser les infrastructures dès 2026.
Le président syrien Ahmad Al-Chareh a déclaré que les entreprises égyptiennes seraient en première ligne pour participer à la reconstruction de la Syrie, à l’issue d’une rencontre avec une délégation de la Fédération des chambres égyptiennes de commerce (FEDCOC). Ces propos ont été rapportés lundi par l’agence de presse officielle SANA, en marge du Forum économique syro-égyptien organisé à Damas.
Ce forum réunit 26 dirigeants de chambres de commerce ainsi que des figures du monde des affaires et de la finance. Selon la Chambre de commerce du Caire, l’objectif est de renforcer les relations économiques bilatérales, de stimuler les échanges commerciaux et les investissements conjoints, et de positionner le secteur privé comme moteur central de la croissance et de la reconstruction.
Les discussions portent également sur la création d’alliances entre Damas, Le Caire et l’Europe, ainsi que sur le développement des exportations syriennes vers l’Afrique, dans une logique d’intégration économique arabe.
« Si l’ampleur des destructions en Syrie est indéniable, chaque chantier de reconstruction constitue une opportunité d’investissement. À ce titre, les entreprises égyptiennes ont vocation à être des partenaires de premier plan », a affirmé Ahmad Al-Chareh. Il a mis en avant l’expérience acquise par l’Égypte au cours de la dernière décennie, notamment dans les domaines des infrastructures et de l’énergie, sous l’impulsion du président Abdel Fattah Al-Sissi.
Après plus d’une décennie de conflit et de sous-investissement, la reconstruction syrienne représente un défi économique majeur. La Banque mondiale évalue le coût des dommages liés à la guerre à environ 216 milliards de dollars.
Dans ce contexte, le président syrien a insisté sur la levée des sanctions comme facteur ouvrant de nouvelles perspectives d’investissement, malgré l’ampleur des ravages subis par l’économie nationale.
Ahmad Al-Chareh a précisé que la stratégie actuelle de l’État syrien repose sur le rétablissement de la sécurité et la relance de la croissance économique, à travers un engagement accru du secteur privé et un retrait progressif de l’État des activités de marché.
Il a identifié plusieurs secteurs prioritaires pour la coopération syro-égyptienne : infrastructures portuaires, exploration gazière en Méditerranée, réhabilitation du secteur pétrolier, réseaux ferroviaires et de fibre optique reliant l’Europe à la Chine via le territoire syrien, ainsi que la mise en place d’un système régional de sécurité alimentaire avec l’Égypte et l’Irak.
De son côté, le président de la FEDCOC, Ahmed El-Wakil, a souligné l’intérêt stratégique de la Syrie pour l’expertise industrielle égyptienne, notamment dans la réhabilitation des usines et la sidérurgie. Deux protocoles d’accord ont été signés à Damas entre l’Union des chambres de commerce syriennes, la fédération égyptienne et l’Union des chambres africaines de commerce, afin de faciliter la participation des entreprises égyptiennes aux projets de reconstruction, via le transfert de savoir-faire et la création de partenariats opérationnels.
Selon la Banque mondiale, l’économie syrienne montre des signes limités de stabilisation après des années de contraction, dans un contexte où l’inflation, bien que ralentie, continue de peser fortement sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les produits alimentaires.
MK/Sf/APA







