Alors qu’elles représentent 76 % de la main-d’œuvre dans les systèmes agroalimentaires et près de la moitié (49 %) de l’ensemble du secteur en Afrique subsaharienne, plus de 90 % des femmes travaillent dans l’informel, souvent sans reconnaissance ni protection, selon un nouveau rapport de la FAO, le NRI et AWARD.
Malgré leur rôle central dans les systèmes agroalimentaires d’Afrique subsaharienne, les femmes continuent de faire face à des inégalités structurelles persistantes, révèle un nouveau rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, sigle anglais) le Natural Resources Institute (Université de Greenwich) et AWARD, rendu public mardi 2 septembre.
Selon le rapport La situation des femmes dans les systèmes agroalimentaires d’Afrique subsaharienne, 76 % des femmes de la région travaillent dans ce secteur, représentant près de la moitié (49 %) de sa main-d’œuvre. Leur présence croissante dans les segments hors exploitation agricole – transformation, distribution, emballage – témoigne d’une dynamique en mutation, avec une hausse de 8 points entre 2005 et 2022.
Pourtant, cette contribution reste largement invisibilisée. Plus de 90 % des femmes sont cantonnées au secteur informel, et leur accès aux ressources naturelles – terres, eau, forêts – demeure limité. Dans 28 des 33 pays étudiés, les hommes sont majoritaires parmi les détenteurs de droits fonciers sécurisés.
« Les systèmes agroalimentaires reposent sur le travail informel et de subsistance des femmes. Il est urgent d’investir dans des emplois formels et des politiques de protection sociale adaptées », a déclaré Abebe Haile-Gabriel, Sous-Directeur général de la FAO, citée par la note parvenue ce mercredi à APA.
Le rapport souligne également les risques sanitaires et sociaux auxquels les femmes sont exposées. Ceux-ci incluent des violences basées sur le genre, des conditions de travail précaires, et un taux élevé d’anémie (près de 40 % chez les femmes de 15 à 49 ans). En 2024, 11,2 millions de femmes de plus que d’hommes ont souffert d’insécurité alimentaire, signale le document.
Malgré ces défis, des initiatives émergent : action collective pour les droits fonciers, leadership féminin dans l’agroécologie, et approches transformatrices en matière de genre. « L’égalité des genres dans les systèmes agroalimentaires est un impératif moral et un levier stratégique pour la justice sociale, la sécurité alimentaire et la résilience climatique », a affirmé la Dre Susan Kaaria, Directrice d’AWARD, également citée par le document.
ARD/Sf/APA







