L’Afrique du Sud a annoncé avoir reçu la réponse écrite d’Israël dans le cadre de la procédure pour génocide engagée devant la Cour internationale de Justice (CIJ). Le pays décidera prochainement s’il soumettra une réplique écrite complémentaire ou s’il passera directement à la phase orale de l’affaire.
Vincent Magwenya, porte-parole de la présidence sud-africaine, a confirmé dimanche que la réponse d’Israël avait été déposée le 12 mars, après que l’État hébreu eut sollicité à deux reprises un report du délai initialement fixé à juillet 2025.
« L’Afrique du Sud examinera maintenant la réponse d’Israël et décidera si elle demande à la Cour l’autorisation de présenter des observations écrites supplémentaires ou si elle passe directement à la phase orale », a déclaré M. Magwenya, s’agissant de la procédure devant la CIJ.
Saisie par l’Afrique du Sud à la fin de 2023, la CIJ accuse Israël de violations de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide à travers ses opérations militaires à Gaza.
Depuis l’ouverture de la procédure, la Cour a émis trois ordonnances provisoires contraignantes, enjoignant Israël de prévenir les actes de génocide et de garantir un accès humanitaire sans entrave.
L’Afrique du Sud affirme que ces mesures n’ont pas été respectées, en soulignant la poursuite des bombardements, les destructions massives et la détérioration des conditions de vie à Gaza. La semaine dernière, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a qualifié la situation de « catastrophique », les civils faisant face à des frappes continues, à des pénuries alimentaires et à une aide humanitaire limitée.
La situation régionale reste également tendue, avec des frappes israéliennes au Liban et des tensions dans le Golfe, alimentant les craintes d’un conflit élargi.
L’Afrique du Sud rappelle que les politiques d’occupation israéliennes et les restrictions des droits des Palestiniens sont documentées depuis longtemps par les organes de l’ONU et confirmées par de précédents arrêts de la CIJ.
Le président Cyril Ramaphosa a déclaré que l’affaire du génocide représente un test pour le système international dans un contexte de divisions mondiales profondes, tout en réaffirmant l’engagement de son pays envers le droit international et les principes de la Charte des Nations Unies.
« À un moment où les divisions mondiales se creusent et où le multilatéralisme, et en particulier les Nations Unies, sont systématiquement affaiblis, la crise à Gaza constitue une occasion de rassembler l’humanité et de nous rappeler nos valeurs communes », a ajouté M. Ramaphosa dimanche.
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