Le projet de refroidissement éco-énergétique vise, entre autres, à structurer le marché du froid autour de standards élevés de performance énergétique et à développer un portefeuille de projets bancables susceptibles de mobiliser des financements climatiques.
Le Sénégal a lancé jeudi à Dakar le projet « Solutions de refroidissement écoénergétiques et respectueuses du climat et mise à jour de la CDN au Sénégal », une initiative destinée à transformer le secteur du froid et à renforcer la mise en œuvre des engagements climatiques du pays.
Porté par l’Agence pour l’Économie et la maîtrise de l’énergie (AEME), en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (Onudi), le projet associe la Direction du changement climatique, de la Transition écologique et des Financements verts, ainsi que le Comité national sur le changement climatique (Comnacc).
« Le refroidissement est à la fois un défi climatique, un défi énergétique, un défi industriel et un défi de développement », a relevé d’entrée le président du Comnacc, Libasse Ba. Il a souligné que la demande en climatisation, en réfrigération commerciale et industrielle et en chaîne du froid connaît « une hausse continue » sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’intensification des effets du changement climatique.
Il a rappelé que si ces systèmes sont devenus essentiels pour la compétitivité économique, la sécurité alimentaire et la santé publique, ils représentent également « une source importante de consommation énergétique et, par conséquent, d’émissions de gaz à effet de serre. » Cela, en raison notamment d’équipements énergivores et de l’utilisation de fluides frigorigènes à fort potentiel de réchauffement global.
Abondant dans le même sens, la directrice générale de l’AEME, Mame Coumba Ndiaye, a indiqué « le refroidissement – qu’il s’agisse de climatisation, de réfrigération domestique, commerciale ou industrielle – connaît une croissance rapide, portée par l’urbanisation, l’évolution démographique et les effets du changement climatique », saluant le caractère stratégique de l’initiative.
Elle a averti que « cette dynamique, si elle n’est pas maîtrisée, risque d’accentuer la pression sur notre système électrique, d’alourdir les charges des ménages et des entreprises, et d’augmenter nos émissions de gaz à effet de serre. »
Face à ces enjeux, le projet vise, selon elle, à « structurer le marché du froid autour de standards de performance énergétique élevés », à « accélérer l’opérationnalisation des normes minimales de performance énergétique et de l’étiquetage énergétique », mais aussi à « développer un portefeuille de projets bancables susceptibles de mobiliser des financements climatiques. »
La responsable a rappelé que l’initiative s’inscrit dans une dynamique nationale déjà engagée, évoquant l’adoption en Conseil des ministres, le 19 novembre 2025, d’un projet de décret relatif à l’étiquetage énergétique des lampes électriques et des appareils électroménagers neufs.
« Cette avancée réglementaire marque une étape importante vers l’assainissement du marché et la protection des consommateurs », a-t-elle indiqué.
Pour l’AEME, appelée à jouer un rôle central dans la mise en œuvre technique, l’ambition est claire : « faire du Sénégal un pays leader en Afrique de l’Ouest en matière de refroidissement durable, tout en renforçant notre sécurité énergétique et notre crédibilité climatique », a affirmé Mme Ndiaye.
De son côté, la directrice du Changement climatique, de la Transition écologique et des Financements verts, Madeleine Diouf Sarr, a insisté sur la portée climatique et institutionnelle du projet.
« Ce partenariat avec l’Onudi et l’AEME vise à contribuer au respect de nos engagements à travers la réduction durable des émissions de gaz à effet de serre par l’amélioration de l’efficacité énergétique au Sénégal », a-t-elle expliqué.
Elle a précisé que l’initiative permettra de « renforcer l’ambition et la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national, notamment dans les secteurs industriel, énergétique et agricole. »
Elle a mis en avant la synergie entre les différents départements et acteurs impliqués. « Grâce à cette synergie d’actions, nous résorbons nos lacunes internes et créons un environnement mutualisé favorable à l’atteinte de nos engagements, tout en facilitant le transfert de technologies nécessaires à la croissance économique », a-t-elle soutenu.
Le projet bénéficie de l’appui du Fonds vert pour le climat (GCF) à travers sa fenêtre « readiness. » Mme Diouf Sarr a salué cet accompagnement, estimant qu’il favorise « la synergie des conventions climatiques et du Protocole de Montréal. »
Au-delà des textes, les responsables ont insisté sur la nécessité de résultats concrets, notamment une réduction mesurable de la consommation d’électricité, une baisse des émissions et une transformation durable du marché du froid au Sénégal.
ARD/ac/Sf/APA







