Le président tunisien Kais Saïed a reçu lundi les présidents de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et des districts, multipliant les déclarations sur la souveraineté nationale et la lutte contre l’ingérence étrangère, sans annoncer de mesures concrètes face à la crise économique et sociale.
Le 22 septembre, au palais de Carthage, le chef de l’État tunisien a rencontré Ibrahim Bouderbala, président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), et Imed Derbali, président du Conseil national des régions et des districts (CNRD). Selon un communiqué officiel, Kais Saïed a insisté sur la « bataille irréversible de libération nationale », arguant que les institutions actuelles émanent exclusivement de la volonté du peuple tunisien.
Le président a affirmé vouloir donner la priorité à la lutte contre l’exclusion et la marginalisation qui touchent de larges franges de la population. Il a également défendu la politique du « compter-sur-soi », présentée comme une alternative aux partenariats internationaux jugés contraignants, et dénoncé ceux qui, selon lui, se placent « à la solde des milieux colonialistes ».
Mais derrière cette rhétorique souverainiste, aucun plan d’action concret n’a été annoncé pour répondre aux urgences économiques et sociales. La Tunisie reste confrontée à un taux de chômage dépassant 15 %, à une inflation de plus de 7 % et à un endettement extérieur qui limite fortement les marges de manœuvre budgétaires. Les négociations avec le FMI, bloquées depuis des mois, illustrent l’impasse financière dans laquelle se trouve le pays.
En appelant à « l’unité et la continuité » comme garanties de stabilité, Saïed cherche à consolider son autorité institutionnelle, mais ses critiques répétées des partenaires internationaux accentuent l’isolement diplomatique de Tunis. Pour de nombreux observateurs, ce discours défensif masque l’absence de réformes structurelles et l’incapacité du pouvoir à enrayer la dégradation des conditions de vie des Tunisiens.
MK/ac/Sf/APA







