Tunisair fait face à une crise sans précédent marquée par des retards massifs et une désorganisation persistante. La destitution de son PDG illustre la volonté du gouvernement de redresser la compagnie.
La compagnie aérienne nationale tunisienne, Tunisair, traverse une crise majeure, avec d’importants retards, annulations et une désorganisation accrue en pleine haute saison touristique. Face à l’indignation grandissante des passagers et aux critiques publiques, les autorités tunisiennes ont engagé une série de mesures urgentes.
Le ministère a adressé un avertissement « sévère » aux chefs d’escale et aux représentants de la compagnie à l’étranger, exigeant une amélioration rapide de la gestion des opérations, souligne La Presse de Tunisie. Kapitalis rapporte plusieurs mesures urgentes, dont le redéploiement du personnel, la réorganisation des plannings de vols et une mobilisation renforcée des services techniques.
Malgré ces mesures, les critiques persistent. L’ancien ministre de l’Emploi, Faouzi Ben Abderrahmane, dénonce « l’immobilisme bavard » des autorités et appelle à une refonte structurelle de la compagnie, relate Business News.
Tunisair, longtemps pilier du transport aérien tunisien, peine à faire face à la pression estivale dans un contexte de sous-investissement, de tensions sociales internes et de gouvernance défaillante. La situation s’est brutalement détériorée ces derniers jours, avec des retards allant parfois jusqu’à 24 heures sans explication, relève Le Matin d’Algérie. D’après Le360 Afrique, la compagnie détient un record régional de retards, avec un taux de ponctualité tombé à 48 % en juin 2025.
Selon le rapport AirHelp 2024, cité par Webmanagercenter, Tunisair figure parmi les pires compagnies aériennes au monde, notamment en raison de la qualité du service et du traitement des réclamations.
Sur le plan financier, la situation de Tunisair reste préoccupante. A en croire Kapitalis, l’endettement de la compagnie dépassait 760 millions de dinars à la fin de 2023, alors que ses liquidités disponibles ne dépassaient pas 117 millions. Sur la période allant d’octobre 2024 à mars 2025, le taux de remplissage moyen a atteint 75,1 %, mais cela n’a pas suffi à compenser le poids des charges fixes, notamment 177 millions de dinars de loyers d’avions et près de 40 millions de charges financières.
Le gouvernement tente de reprendre la main, mais la crise souligne la fragilité chronique de Tunisair, incapable de se réformer malgré les alertes répétées.
MB/ac/Sf/APA







