Le 1er Forum africain de l’économie verte, qui réunit des représentants de plus de 100 pays, entend placer les villes africaines au centre de la transformation écologique du continent.
Le président de la World Green Economy Organization (WGEO), Saeed Mohammed Al Tayer, a souligné que les villes africaines, en première ligne face au changement climatique, sont aussi porteuses de solutions. À travers l’Alliance mondiale pour l’économie verte (GAGE), la WGEO promeut une croissance inclusive fondée sur la décarbonation, la gestion durable des déchets et la mobilité verte. L’Afrique, selon lui, est « la pierre angulaire » de cette dynamique.
Le président du Conseil régional, Omar Moro, a mis en avant l’ambition de Tanger-Tétouan-Al Hoceima de devenir un pôle régional de l’économie verte. Il a insisté sur le potentiel d’investissement dans les infrastructures durables, les énergies propres et l’innovation verte, ainsi que sur la mobilisation citoyenne. Ce forum, a-t-il précisé, vise à renforcer les partenariats entre collectivités, entreprises et société civile pour élaborer des projets urbains concrets alignés sur la neutralité carbone.
De son côté, Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire général de CGLU-Afrique, a rappelé que malgré sa faible contribution aux émissions mondiales (3 à 4 %), l’Afrique est l’un des continents les plus exposés aux impacts climatiques. Il a toutefois insisté sur la capacité des villes africaines à éviter les pièges des modèles de développement polluants et à bâtir des territoires sobres, résilients et inclusifs.
La Coordinatrice résidente de l’ONU au Maroc, Nathalie Fustier, a salué la dimension stratégique du forum dans la promotion de l’apprentissage entre pairs africains. Selon elle, la rencontre offre un espace unique pour identifier des projets bancables, structurer des coalitions locales et accélérer les trajectoires de neutralité carbone adaptées aux réalités africaines. Elle a assuré que le Système des Nations Unies est pleinement mobilisé au Maroc pour accompagner cette transition urbaine verte.
Même son de cloche chez Mounir Laymouri, président de l’AMPCC et maire de Tanger, pour qui le succès de la transition verte dépend de l’autonomisation effective des collectivités africaines, trop souvent limitées par le manque de moyens techniques, humains et financiers.
Organisé conjointement par la WGEO, le ministère de la Transition énergétique, le Conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et CGLU-Afrique, le Forum ambitionne de faire émerger des trajectoires concrètes pour les villes africaines, à travers le partage d’expériences, le soutien aux projets d’investissement vert, et l’ancrage d’une gouvernance climatique multi-niveaux.
Au menu de cette première édition : débats sur les politiques climatiques, les mécanismes de financement, l’économie circulaire, la gestion intelligente de l’eau, la planification urbaine sobre en carbone, l’industrialisation verte ou encore la valorisation énergétique des déchets. Deux jours pour réfléchir aux solutions concrètes et inclusives à même de bâtir l’Afrique verte de demain.
MK/ac/Sf/APA






