Le gouvernement rwandais a rejeté toute responsabilité dans les combats en cours au Sud-Kivu, alors que le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs exprime une profonde inquiétude face à la nouvelle offensive du M23 et à l’escalade des violences dans l’est de la RDC.
Le gouvernement rwandais a dénoncé, dans un communiqué publié mardi, ce qu’il qualifie de « fausses accusations » concernant les violations du cessez-le-feu dans la province du Sud-Kivu, en RDC, imputées à ses forces. Le Rwanda affirme que les attaques en cours résultent des opérations menées par l’Armée congolaise (FARDC) et l’Armée burundaise (FDNB), soutenues selon lui par des milices FDLR et des mercenaires étrangers, accusées de bombarder des villages proches de la frontière rwandaise à l’aide d’avions de chasse et de drones d’attaque.
Kigali soutient que ces raids ont provoqué l’afflux de plus de 1 000 civils congolais vers le territoire rwandais, hébergés actuellement au camp de Nyaruhushi, et accuse l’armée burundaise d’avoir massé près de 200 soldats au Sud-Kivu au profit du gouvernement congolais. Le Rwanda reproche également à la RDC d’avoir officiellement déclaré ne plus respecter le cessez-le-feu prévu par les Accords de Washington du 4 décembre.
Parallèlement, les membres du Groupe de contact international (États-Unis, Allemagne, France, Belgique, UE, Royaume-Uni, Suisse, Suède, Danemark et Pays-Bas) ont fait part, dans une déclaration distincte, de leur « profonde préoccupation » face à la recrudescence des violences dans l’est de la RDC. L’ICG condamne la nouvelle offensive du M23, « soutenu par le Rwanda », autour d’Uvira, et s’inquiète de l’utilisation accrue de drones d’attaque et de drones suicide, qualifiée d’« escalade significative » menaçant les civils.
L’ICG appelle le M23 et les Forces de défense rwandaises à cesser immédiatement les opérations offensives, demande le retrait des FDR de l’est de la RDC conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité, et exhorte toutes les parties à rétablir le calme, respecter les Accords de Washington et garantir un accès humanitaire « complet et sans entrave ».
Les deux communiqués interviennent alors que les Accords de Washington, signés le 4 décembre 2025, et l’accord-cadre de Doha visent à instaurer un cessez-le-feu durable dans l’est de la RDC. L’escalade actuelle fait craindre un effondrement du processus de paix dans la région des Grands Lacs.
DM/ac/Sf/APA







